mercredi 29 janvier 2014

Les candides

Les candides
par El Yazid Dib
Si certains d'entre eux annoncent une physionomie politique, leur dessein n'invoque pas une innocence ou pureté d'une attitude sans accroce ni défiance. La candeur, comme toujours, ne se localise pas à de telles enseignes.

Ils sont nombreux ces candidats que je me refuse de citer. Aucune " une " de journal ne peut aligner leurs effigies.

Venant d'horizons différents, ils font toutefois la mosaïque électorale. Qu'ils partent à la quête d'une aura qui en réalité n'existe que dans la tête de celui qui continue à croire qu'il en est auréolé ! La politique n'est pas un jeu dans une crèche, encore moins une conférence économique. La brutalité en ce domaine a été toujours dissimulée sous un langage d'enfant criant sa niaiserie à la moindre triche dans un jeu puéril. Personne ne semble être dupe pour venir, sachant qu'il périrait ; se mettre au travers de la trajectoire d'un destin artificiel déjà conçu. Il ne reste qu'à planter les éléments du décor pour que le sort soit des plus authentiques.

Etre candidat, pour les uns, s'assimile à une demande d'emploi. Pour les autres, cet acte n'est qu'un rajout de mention à un Cv en mal d'exhibition. Alors que pour certains, très rares c'est du sérieux. Déjà le ministère de l'intérieur annonçait, dimanche dernier soit 48 heures après l'ouverture des candidatures et avec un sourire controuvé à la limite narquois le retrait d'une quinzaine de demandes de souscription. 24 heures après le nombre aurait dépassé les 27 ! Ce chiffre a parait-il l'apparence de plaire et l'envie de le voir s'accroitre s'accroit également. L'on dirait qu'il existe une stimulation engouée de faire participer le plus grand nombre de candidats.

On ouvre l'appétit, sans oser le couper bureaucratiquement à ceux-là même qui n'ont pu avoir un simple mandat électoral dans leur localité natale. Il y en a qui viennent de loin, ceux qui arrivent par avion ou à l'aide d'un roman. Il y en a qui redécouvrent leur nationalité d'origine, ceux qui reviennent au pays faute de ne rien faire ailleurs.

Enfin il y en a les eternels joueurs dans le théâtre quinquennal. Ceux-ci en font de la candidature un métier. Ils ne rougissent pas aux présentations mondaines ; de décliner leur identité en profession : candidat présidentiel. Les conditions de recrutement à de tels concours populaires n'obéissent pas à des critères bureaucratiques que transvase la fonction publique. Elles sont d'ordre apolitique. Oui apolitique, car l'intention de se porter candidat à un tel poste, par certains n'est pas une affaire politiquement sincère. Elle ne sert en fait qu'un autre intérêt politique. Ces souscripteurs, crées parfois pour la circonstance ce qui justifie aussi leur longévité iront enchantés soutenir la boulimie insatiable de ceux qui les ont inventés lorsqu'ils n'étaient qu'au stade de la fécondation. Ils ne sont pas tous candides ces candidats. Et l'argent ? Il y est de toutes les façons. Candides ou pas.

L'appétence des proches élections n'a pas cessé d'enfanter des illusions à tous les échelons. L'empressement de se voir, pourquoi pas candidat présidentiel a troublé les têtes. Les partis, théoriquement véritables tracteurs d'entités à même de se profiler dans la course présidentielle, sont hors circuit. Le peu qui respire encore et difficilement s'acharne pour avoir au moins une place dans l'échiquier qui va composer l'avenir du pays. Il existerait beaucoup plus de candidats dits libres que ceux validés par des partis agrées. Si c'est aux partis de faire l'embryon de l'Etat, de le faire éclore dans les couches savoureuses de la démocratie ; c'est aussi à eux qu'incombe la tache de veiller d'en faire le support ferme et solide de la république.

Presque, sinon tous les candidats ayant répondu présents à l'appel de la convocation du corps électoral se cachent derrière un pouvoir quelconque mais en pales copies, contrefaites, altérées et disgraciées. Le poids du pouvoir parrain au sein du parti voulant mettre un homme ou soutenant l'autre dans ces joutes est très agissant. Il vacille, selon les conjonctures d'une affinité personnelle à un lien étroitement intime. Sa puissance s'exerce aussi par la qualité engagée et adhésivement collée au système que possèdent les détenteurs agissants dans l'organe central et ses divers démembrements dans l'exécutif décisionnel. Ce poids qui se pratiquait à un moment à leur profit s'est vu, démocratie rajeunissante oblige ; orienté vers leurs protégés. Le piston dans la démocratie est ainsi devenu un autre phénomène de la société politique. Basé sur l'instinct d'intérêt, il tend à corriger le paysage partisan en une immortalité parentale. Personne n'aura de doute quant à la nature de militantisme qui anime chacun d'eux. L'essentialité est que, ce militantisme manque de permanence et de constance. On ne milite pas pour une conjoncture ou une échéance. L'idéal est pérenne et incessant. Le travail n'est pas facile. Convaincre une personne en ces temps-ci est un vrai miracle. Chacun a eu sa morsure en pleine chair. Il faut d'abord se convaincre, puis essayer, sans s'arrêter à une date, à un programme ou à un homme de le faire à l'égard des autres. Le pouvoir va certainement être tancé, non pas sur la profondeur du système qui veut que cela se passe ainsi, mais sur des anicroches de transparence, de commissions et autres bagatelles allant dans le sens voulu par ce même pouvoir. Car l'objectif d'une élection dans un régime réputé pour être honni n'est autre que de crédibiliser son essence. Il tient par le respect des échéances à faire respecter la procédure dont il est l'auteur. Les règles d'un monde où tout le monde est censé y vivre ; doivent être par principe discutées et avalisées par tous. Les rapports sociaux imposés ne sont jamais à la longue arrivé à faire d'une vision personnelle un consensus général.

Ces élections n'auront pas en finalité à changer le mode de vie des algériens. L'habitude électoraliste ne les tient plus en haleine. Exception faite cependant pour ceux qui continuent à en faire une fonction voire un métier. Ca, ces électeurs ne font plus confiance. Ils voient en la politique que du mensonge, de la feinte et de la roublardise. Que ne leur a-t-on dit que leurs lendemains sera éblouissant, éclatant et apaisé ! Ainsi l'on voit que la politique se régénère dans le souci et le flou d'une incertitude liée à des lendemains imprécis. L'épouvantail de la l'artifice électoral, le spectre de la mafia du foncier, les alliances de conjoncture et autres fantaisies de précampagne, commencent déjà à alimenter les méninges de nos différents commis-politiciens. Chacun y va de son empreinte, chacun à une réalité qui n'est autre qu'une certaine ambition qu'il veut mordicus, opposer comme réalité absolue à l'égard d'autrui. Le tort est chez lui quand la déraison le pousse jusqu'à faire écrouler de son socle le droit des autres à la critique, au sens de la diversité et aussi à l'honneur de défendre leur honneur. L'algérien qui votait, le faisait pour le pays, pour la stabilité dans la construction d'un Etat de droit tant chanté, tant loué et qui se raréfie de jour en jour. Cet algérien veut bien croire en la transparence que crient ses gouverneurs et qui n'arrive jamais à renaitre de la noirceur de leurs intentions. Le néant trop béant qui abasourdit son climat national, croit-il transforme les chauves-souris en des êtres droits, éloquents et convaincants. Car les splendeurs des ténèbres n'appréhendent pas la pointe du jour ni l'accouchement de l'aube. Voilà que les vampires surviennent de jour, habillés de générosité et de bonne aumône ; proposer aux affamés; la liberté et le bonheur. Ainsi il est toujours facile d'édifier des manoirs, de magnétiser le peuple, de dessiner le redressement pour qu'en finalité, seule l'inutilité de tels propos est produite. Le discours prometteur est de mise. Ce caprice magistral est tout le temps un acte gratuit, car l'oralité elle-même est abondante. Le crachoir est fait pour ça. L'on ne mange pas quand on a un micro juste en face de son museau. La supercherie oratoire du bien parler ne devrait pas innocenter la duperie de faire croire à autrui que la prospérité est une affaire exclusive de simple discours. Le bien-être ne se dit pas, il se vit, s'exerce et se sent.

Nous allons entendre beaucoup se dire que l'Algérie va mal, que le malheur gagne tous les cœurs, que le changement est impératif, que le changement du changement l'est aussi. Mais à vrai dire a-t-on besoin de ces diseurs d'audits pour que l'on puisse chacun dans sa position faire ce constat et pire encore ? Nous marchons pourtant dans les mêmes rues qu'ils empruntent avec leurs nids de poules et leur absence d'éclairage. Nous fréquentons les mêmes marchés, peut être, pour acheter la meme marchandise au même prix, peut être. Nos enfants vont à la même école que les leurs, peut être et font aussi des cours supplémentaires dans des caves.

En fin ils nous diront ce que nous savons, ce que nous vivons et s'accentueront à nous dire aussi ce qu'ils nous feront faire une fois élus. Mais certainement ils s'empêcheront de rappeler qu'il fut un temps où le FMI nous dictait ses instructions pour une bagatelle de dollars empruntés, que maintenant c'est l'Algérie qui est courtisée par le FMI pour quelques millions de dollars. Ils omettront de dire que L'Algérie en cinquante ans d'indépendance a bien construit des écoles, des routes et autres immenses et salutaires infrastructures. Le gaz est presque partout, l'eau enregistre une moyenne satisfaisante, autant pour la scolarisation ou le développement rural. Ils ne vont pas dire que le terrorisme est vaincu et qu'il n'en reste que des poches " résiduelles ". Ils s'abstiendront d'invoquer la stabilité politique exigée par les menaces frontalières auxquelles se trouve confronté de toutes parts le pays, car croyant ainsi créditer le pouvoir en place. Balayer comme ça d'un revers de main toutes ces réalisations, croyant également faire tord à un triple mandat forclos et suspendre la continuation ; n'est qu'un délire électoral et un déni de vérité. Finalement, comme la nature ; la démocratie ne peut avoir uniquement des vertus. Elle peut aussi, sinon elle produit également des excrétions. Le contraire est vrai. L'autre partie, celle devant faire l'apologie d'un énième mandat, et appelant à la prolongation de la " gouvernance " actuelle ne doit pas berner le peuple pour positiver les scandales financiers et éclipser les inégalités et les écarts de gestion dans le partage de pouvoir. La régionalisation est érigée en un ensemble de critères où le sol natal en est le plus influent.

Le parrainage s'est rendu en une procédure légale, la gérontocratie a bouffé l'ultime sève qui demeure d'une jeunesse livrée au virtuel, doit-elle reconnaitre. L'esbroufe a emboité le pas à toute vertu. Cette partie qui va aussi rendre élogieux un bilan se doit de dire les faiblesses qui ont émaillé ses mentors. Que l'aisance financière est un don de la providence, que l'autoroute n'est toujours pas une autoroute et que Sonatrach déshonorée n'est plus une fierté nationale. Elle doit faire son mea-culpa face à ces haragas pour qui le pays n'a pu offrir un logis, un job et …une épouse. Le désenchantement des mandats successifs n'a engendré que l'illusion de l'Ansej et les chimères de l'Anem, se doit-elle de conclure. Enfin l'Algérie, heureusement d'ailleurs est avant tout la mère patrie de toutes les parties en lice. Beaucoup de gens, comme moi continuent à incarner le profil idéal de l'électeur indécis qui ne cherche qu'à être convaincu et qui évite l'invitation à l'ouverture des tombes avant termes, ou la joie de briser l'urne avant dépouillement ou le tir sur des visages encore candides. 

Au menu de la prochaine tripartite : Le crédit à la consommation dans la loi de Finances complémentaire

Au menu de la prochaine tripartite : Le crédit à la consommation dans la loi de Finances complémentaire
par El-Houari Dilmi


Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a annoncé hier mardi à Alger qu'un projet de décret exécutif fixant le cadre réglementaire pour le rétablissement du crédit à la consommation était en cours d'élaboration, «souhaitant le voir adopté lors de la prochaine tripartite prévue en février prochain».

En effet, le projet de décret exécutif, élaboré sur proposition du groupe de travail chargé de la promotion et du développement du produit national et issu de la réunion de la dernière tripartite, fixe et définit les grandes lignes de ce crédit destiné au « made in Algeria » dont la mise à jour de la liste des produits concernés et la liste des entreprises intéressées, a indiqué M. Benbada lors d'une conférence de presse en marge d'une rencontre d'évaluation avec les groupes régionaux et de wilayas. Il a souhaité également voir ce projet de décret adopté lors des travaux de «la prochaine tripartite prévue la mi-février prochain» en attendant de l'inscrire dans la loi de Finances complémentaire 2014. Interrogé sur le sujet par la Chaîne 3 la semaine dernière, le président de la Confédération des entreprises algériennes, Habib Yousefi, a estimé que le «rétablissement du crédit à la consommation, avec l'aide de l'Etat, était à même de booster la consommation, avec des effets d'entraînement indirects sur la croissance. Le patron de la CGEA a précisé que ce décret exécutif conditionne le retour du crédit à la consommation. «Nous (les entreprises algériennes) allons avoir un avantage indirect sur le plan économique et ça c'est très important (…) la question de la compétitivité ne se posera plus dans la mesure où nous aurions des avantages nettement plus importants que ceux des produits importés», a-t-il déclaré. Avec un «avantage indirect» que le crédit à la consommation va induire sur l'économie nationale, le patron de la CGEA a, par ailleurs, expliqué que l'encouragement à «consommer algérien aura des avantages comparatifs nettement plus importants que les produits importés».

Concernant le traitement par chèques des opérations commerciales, le ministre du Commerce a affirmé, hier, que cette opération était «un mécanisme supplémentaire important dans l'organisation des opérations et la garantie de leur transparence». Il a également rappelé qu'en 2012, le ministère du Commerce avait formulé des propositions écrites au ministère des Finances fixant les modalités du rétablissement du traitement par chèques et englobant les différents domaines, prestations et marchandises. «Il est important de prendre une décision concernant le traitement par chèques d'autant plus que nous accusons un retard en la matière», a-t-il ajouté. 

mardi 28 janvier 2014

Sidi El-Houari, Derb, El-Hamri et Médioni : Vers la réhabilitation de quatre quartiers populaires

Sidi El-Houari, Derb, El-Hamri et Médioni : Vers la réhabilitation de quatre quartiers populaires
par Djamel B.

Dans le cadre du programme de modernisation de la ville d'Oran, quatre grands quartiers populaires et historiques bénéficieront d'une vaste opération de réhabilitation, apprend-on de sources proches de la wilaya d'Oran.

Il s'agit des quartiers de Sidi El-Houari, Haï Derb, El-Hamri et Médioni. Ces quartiers, rappelons-le, sont touchés par le relogement de centaines de familles. Nos interlocuteurs affirment que le projet de réhabilitation de ces quartiers, tout comme la réhabilitation du vieux bâti, tient à cœur au wali d'Oran. Nos sources indiquent que cette opération intervient en parallèle au programme de réhabilitation de plus de 600 immeubles répartis à travers les différents quartiers de la ville. Une étude a déjà arrêté le nombre de logements à réhabiliter dans ces quartiers. L'étude a permis aussi d'évaluer l'enveloppe financière nécessaire à la réhabilitation de chaque quartier. A ce titre, la réhabilitation du quartier d'El-Hamri a été évaluée à quelque 8 milliards de DA, Médioni à 2 milliards de DA, Haï Derb à 850 millions de DA et enfin Sidi El-Houari à 4 milliards de DA. Dans ce quartier, d'ores et déjà, une opération pilote de réhabilitation de plus d'une dizaine d'immeubles près de la place Kléber a été programmée par la wilaya. Par ailleurs, nos sources signalent que le quartier de Sidi El-Houari a été proposé à la classification. Les mêmes interlocuteurs indiquent qu'au niveau de la direction locale de la Culture, on estime que le classement de Sidi El-Houari constituera une étape importante dans la vie de ce quartier. Cette démarche permettra l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de protection et de réhabilitation de ses sites historiques. La mise en œuvre de ce plan se fera après la publication, dans le Journal officiel, du décret portant classification du site et la prise en charge de tous les aspects administratifs et réglementaires liés à cette question. Nos sources signalent qu'une enveloppe conséquente a été consacrée à ce volet au titre du plan quinquennal 2010/2014. La classification de ce quartier a été faite sur la base d'un dossier sur les aspects sociétal, culturel, historique et géographique du site élaboré par la direction de la Culture, en collaboration avec les habitants du quartier et d'une équipe pluridisciplinaire composée de sociologues, architectes, historiens, auteurs et représentants d'associations versées dans la préservation du patrimoine. Le classement de ce quartier a été l'une des recommandations du colloque international sur la réhabilitation urbaine d'Oran, tenu en octobre 2008, avec la participation des habitants et des associations impliquées dans la préservation des patrimoines matériel et immatériel de la cité. 

jeudi 19 décembre 2013

Une entreprise algéro-française pour la construction navale

Une entreprise algéro-française pour la construction navale
par Moncef Wafi
Le constructeur de navires breton Piriou a annoncé hier la signature d'un partenariat public-privé avec le chantier naval d'Etat algérien Ecorep, dans le but de créer une coentreprise en Algérie, dénommée « Ecorep-Piriou ». Cette nouvelle société obéit aux lois algériennes puisque Piriou détiendra 49% de ses capitaux contre 51% pour Ecorep. Elle aura pour vocation de construire et réparer des navires de pêche et de servitude sur le site de Bouharoun situé à 40 kilomètres à l'ouest d'Alger. Ecorep est une entreprise publique de construction et réparation des embarcations de pêche à laquelle a été confiée la construction de bateaux professionnels en 2003 à travers quatre filiales de construction et réparation navales implantées sur trois pôles côtiers dont le site de Bouharoun, créé en 1982 et qui réalise des embarcations en bois de types sardiniers de 13 m à 22 m et des chalutiers de 16 m à 22 m.

Sa capacité de production est de 10 bateaux par an et d'environ 200 embarcations pour tous types de réparation.

Pour Pascal Piriou, le PDG du groupe éponyme, cette coentreprise devra permettre d'accéder au marché algérien de la pêche, inaccessible depuis la France. « Il permettra de créer de l'emploi et du savoir-faire en Algérie », expliquera-t-il dans un communiqué rendu public.

Le côté ingénierie et design de navires spécifiquement conçus pour le marché algérien sera soutenu par le site historique de Concarneau en France où sont basés les chantiers navals Piriou qui emploient mille personnes dont 300 en France. La relation commerciale de Piriou avec l'Algérie remonte à 1983, avec la construction d'un premier navire. En juin 2012, « El-Djedid 2 », livré fin mai pour le port d'Alger pour clore le contrat avec Piriou.

En 2010, les chantiers Piriou avaient remporté un appel d'offres international lancé par le Groupement d'Intérêt Commun des Entreprises Portuaires (GICEP) pour la construction de quatre remorqueurs d'exploitation portuaire. Trois ans plus tard, l'El-Djedid 2, le dernier des quatre remorqueurs en question, est livré, fin mai, pour être exploité par l'établissement portuaire d'Arzew, où il rejoindra El-Djedid 1, livré en octobre 2011, en même temps que l'Oued El-Kebir, destiné à Skikda. Quant à El-Haoues, mis en service en avril 2012, il travaille désormais dans le port d'Alger.

Le chantier naval français Piriou qui a assuré, pour le compte du GICEP, un volet de formation des équipages et de conduite des bateaux espère pouvoir se développer sur le marché algérien. Son patron, Pascal Piriou, avait expliqué que cette commande pourrait ouvrir la voie à d'autres contrats. Présent depuis plus de 30 ans en Algérie, le chantier naval compte renforcer sa présence sur le marché algérien, l'un des plus fournis au monde. En 2009, Piriou naval services, la branche réparation du groupe Piriou, avait remporté cinq appels d'offres internationaux, lancés par la société Sogeports, et concernant les arrêts techniques de cinq remorqueurs de 30 mètres, opérant dans les ports d'Alger, avec le « Mustapha Ben Boulaïd 2 », et le « Righa 2 » et « Choulou » pour le port de Skikda, ainsi que les « Tassina 3 et 4 » au port d'Arzew. 

lundi 16 décembre 2013

REFORME HOSPITALIERE : ET LES PATIENTS ! par Ghania Oukazi

REFORME HOSPITALIERE : ET LES PATIENTS !
par Ghania Oukazi
Entre les rats qui défilent dans la rue Larbi Ben M’hidi de la capitale, les lavabos bouchés dans les hôpitaux, l’insolence de certains personnels médicaux, les patients se demandent dans quel chapitre de la réforme hospitalière ont-ils été placés pour mériter autant d’indifférence.

Il était 7h quand les malades devant être opérées se sont présentées au service d’un hôpital de la banlieue d’Alger. Il n’est pas utile d’en dévoiler le nom tant les hôpitaux algériens se ressemblent pratiquement tous dans la prise en charge des malades. Ils le font avec les mêmes moyens, les mêmes réflexes et la même mentalité.

 Les patients devaient se présenter au service des admissions pour se faire établir «un billet d’entrée», procédure somme toute classique et banale. Seulement, il fallait attendre 8h pour que le personnel chargé de les recevoir reprenne son service. Une fois revenues au service, elles sont orientées par un homme gras de par le ventre proéminant qu’il avait et semblait supporter parce qu’il haletait presque quand il parlait. Ce qui ne l’empêchait pas de hausser le ton en s’adressant aux malades. Il ne parlait pas, il brayait. Il donnait des ordres à qui se présentait dans le service. Il paraissait être « l’homme de main» du chef de service, c’est-à-dire le professeur. C’est tout le caractère de quelqu’un qui a passé de longues années dans une caserne aux ordres de supérieurs qu’il enviait ou qu’il jalousait certainement. Sur «ordre» de la barbouze, on est toutes dirigées vers une salle où étaient hospitalisées des femmes de tout âge. Ce n’était donc pas une salle d’attente. Il fallait alors soit attendre debout, soit demander gentiment aux patientes de pousser un peu leurs pieds pour qu’on puisse s’asseoir sur un bout de lit en attendant «d’être appelée». Les heures défilaient lentement. Le nombre de malades à opérer était ce jour-là important. Certaines interventions nécessitaient beaucoup de temps même si le doigté du professeur chirurgien est manifestement exemplaire, de renommée nationale et internationale. Dans «la salle d’attente», les hospitalisées prenaient leur petit déjeuner. Les malades qui étaient appelées au fur et à mesure pour être amenées au bloc opératoire, devaient se dévêtir devant elles pour porter la chemise stérilisée.

LA BLOUSE ETAIT BLANCHE MAIS NE L’EST PLUS

Avec porte et fenêtre fermées, l’air de la salle était suffocant. Faire les cent pas dans le couloir était la seule manière de respirer un air plus ou moins sain. «Vous êtes garde-malade ?», nous demande une infirmière étonnée de nous voir déambuler dans le couloir. «Non, malade», lui avions-nous répondu. «Mais vous devez rester à l’intérieur», rétorque-t-elle. «J’étouffe, j’ai besoin de respirer», lui dit-on. Silence. On est enfin appelée par un bonhomme vêtu d’une blouse qui a été blanche mais ne l’est plus. Il ramène un chariot dont on pouvait à peine deviner que la couverture était un tissu de couleur verte. Toute la surface était tachée de sang. Il était pourri de saleté. «Vous n’auriez pas un espace vide où je pourrais enlever mes vêtements, je suis gênée de le faire devant tout le monde qui est dans la salle», avions-nous demandé. « On n’en a pas mais je vous ouvre ce bureau, faites vite», nous dit une des infirmières. «Vous n’auriez pas un drap s’il vous plaît, j’ai un haut-le-cœur de voir tout ce sang sur le chariot», lui dit-on. «J’ai un seul drap jetable, je vous le mets», répond-elle gentiment. «Vous allez attendre peut-être une heure ou plus devant le bloc parce que c’est plein», nous dit le bonhomme qui conduit le chariot. Peu importe… «On vous a ramenée ?», interroge le professeur qui était sorti du bloc pour reprendre son souffle. « Je suis en train d’opérer un cas difficile, vous attendez un moment puis je vous fais passer», dit-il quelque peu gêné. «Vous voyez dans quelles conditions on travaille ?», interroge-t-il dépité en regardant le plafond lézardé et les murs sales.

«VOUS N’AVEZ QU’A PRENDRE MA PLACE !»

Une fois passée sur le billard, nous sommes amenées vers la salle de réanimation où une pancarte accrochée sur la porte interdisait «aux civils» d’y pénétrer. Ne peuvent donc entrer que les personnes qui portent des blouses stérilisées. Il ne s’agissait que d’un écriteau. Le va-et-vient des proches des opérées était incessant. Un infirmier vient contrôler la pose du sérum. «Vous serez gentil de me laisser mon dossier sous la main, s’il vous plaît, le professeur m’a permis d’en retirer un document, j’en ai besoin», lui avions-nous fait savoir. Du coup, il jette son trousseau de clés sur le lit, fait le geste d’enlever sa blouse et nous lance sur un ton insolent et méchant «vous n’avez qu’à prendre ma place !» Mes plaies me faisaient atrocement mal. «J’ai un mari certes plus vieux que moi mais il m’aime, il m’a construit une grande et belle villa avec une piscine magnifique», racontait une jeune femme à une autre qu’on venait d’amener en réanimation. Celle qui racontait sa vie était une garde-malade d’un enfant (son neveu) dont la mère et la sœur étaient mortes dans un accident de voiture et le père et le fils traînant de graves fractures des membres supérieurs et inférieurs. C’était triste à mourir de voir un enfant souffrir le martyre et qui ne savait même pas qu’il n’avait plus de maman. La malade répondait à peine, en gémissant, à la garde-malade qui parlait sans arrêt. Le réveil des malades était dur. La douleur les poussait à perdre leur sang-froid. Parfois ils crient, parfois ils pleurent à chaudes larmes. L’infirmier insolent en riait… Il est 18h passées. Sac en bandoulière, le prof fait un tour dans la salle de réanimation pour voir si ses opérés se sont réveillés. «Vous allez devoir passer la nuit en réanimation, vous allez avoir de fortes douleurs durant les heures qui suivent», nous prévient-il. «Je préfère rentrer chez moi, je pourrais peut-être dormir», lui avions-nous dit. L’on nous indique le dispensaire où changer les pansements. «Avec ce genre d’intervention chirurgicale, vous ne pouvez pas vous faire changer les pansements n’importe où, il faut absolument qu’on le fasse dans un milieu hospitalier», nous dit un chef d’un service dans un autre hôpital. On est confiée aux bons soins d’une équipe sympathique dont le responsable est un vrai professionnel. Au passage, l’on remarquera que des services avaient affiché que les consultations étaient arrêtées du 15 juin au 15 septembre. «Défense de tomber malade», lançait un infirmier en riant. Un médecin interne nous expliquait que pour toute consultation, les patients devaient se présenter en premier aux urgences où traînait quotidiennement un monde fou.

«OPERER DANS DES CONDITIONS IMPENSABLES»

Le service où on nous change les pansements était relativement propre et fonctionnait correctement par rapport à d’autres où l’eau ne coulait pas dans les robinets, les médicaments manquaient, les lits étaient sales et le bruit des pas et des voix des infirmières était incessant. Des malades gémissants étaient livrés à eux-mêmes. «Les blouses blanches aussi devaient s’y adapter (à la guerre) pour survivre et pour soigner. Il leur fallait bien sûr un peu d’héroïsme pour opérer dans des conditions impensables (…)», écrit Dr Lamine Khène (responsable du service de santé de la wilaya II, 1956-1959, en préface au livre écrit par le professeur Mostéfa Khiati «Les blouses blanches de la révolution». En le lisant, il nous est venu à l’esprit de comparer les conditions de travail -toute proportion gardée- des médecins durant la guerre de libération nationale et ceux en fonction aujourd’hui dans les hôpitaux du pays. Ce qui manque aujourd’hui, l’a été durant les années de la guerre, avec l’abnégation, le dévouement et le patriotisme en moins. «Le manque de médicaments quand il s’agit de maladies est, naturellement, un grand handicap mais quand il s’agit de chirurgie de guerre, les conditions d’intervention sont très spéciales: opérations toujours d’urgence, à vif, et donc particulièrement douloureuses comme on peut s’en douter», écrit encore Dr Khène. «(…), les praticiens et les étudiants des filières médicales (…) ont abandonné des carrières exceptionnellement lucratives pour ceux qui s’étaient déjà installés ou un avenir particulièrement prometteur pour ceux qui faisaient partie de l’élite dans les universités», note pour sa part l’auteur dans son introduction.

CHERCHER LES ERREURS

La santé n’a pas été oubliée dans la préparation du 1er Novembre. «Le premier stage de formation de secouristes a été organisé par le Dr Mohamed-Essghir Nakkache dans le sous-sol de son cabinet, à Oran», écrit Khiati. L’écrivain décrit le processus de mise en place du service de santé FLN-ALN sur la base d’une politique de santé promouvant l’hygiène et la prévention. Deux fondamentaux qui manquent le plus dans le secteur de la santé d’aujourd’hui. Si on parle de la prévention que dans la célébration de journées internationales de certaines maladies comme c’est le cas du sida en ce mois de décembre, l’hygiène est loin d’être la règle dans nos hôpitaux, dans les écoles et même au sein des familles. «Les principes de l’hygiène corporelle étaient érigés en règlements: rasage de la barbe, cheveux coupés court, ongles coupés ras, propreté et intégrité vestimentaire, épouillage systématique, lavage des mains avant chaque repas, brossage soigneux des dents après chaque repas», souligne prof. Khiati. Sur la base des ces précisions, l’on doit chercher «les erreurs» par rapport aux tableaux que présentent les hôpitaux actuels. «Les civils et les djounoud inclus étaient tenus de respecter certains interdits: cracher, fumer, boire l’alcool…», note-t-il encore. La comparaison entre les interdits en milieu hospitalier durant la révolution et aujourd’hui n’est pas à faire. Les principes et les interdits ne le sont plus aujourd’hui ou sur papier seulement. «Les normes d’hygiène devaient être respectées dans tous les lieux de vie, cantines, dortoirs…», lit-on. Aujourd’hui, les lavabos dans les salles d’eau des hôpitaux restent parfois bouchés pour une durée indéterminée sans que personne ne s’en soucie ni n’en est dérangé. «Les problèmes de l’hygiène et de la prophylaxie sont abordés dans une atmosphère créatrice remarquable. Les latrines que les plans d’hygiène élaborés par l’administration coloniale s’étaient révélés incapables de faire admettre dans les mechtas, se multiplient. Les notions sur la transmission des parasitoses intestinales sont immédiatement assimilées par le peuple», constatait Frantz Fanon que reprend Khiati dans son livre. Fanon avait noté aussi dans «An V de la révolution» tel que repris par l’auteur «des blouses blanches de la révolution» que « la chasse aux eaux stagnantes est entreprise et la lutte contre les ophtalmies néonatales obtient des résultats spectaculaires».

LES ORDRES DU «CAPORAL DE SERVICE»

L’on se demande alors si on a changé de peuple, de pouvoir ou de culture pour être arrivé à laisser dépérir des malades du cancer ou des insuffisants rénaux par manque de médicaments et du sens de la responsabilité en ce siècle où la médecine a fait des exploits pour (r)allonger la vie humaine et améliorer sa santé. «Le service médical est seul responsable de la conservation et de la répartition des médicaments», stipulait la circulaire n°2 du 9 décembre 1956 reprise par Khiati. Aujourd’hui, on continue de tergiverser sur qui est responsable des pénuries de médicaments pendant que des patients souffrent dans les hôpitaux. Au temps de la colonisation, l’organisation de santé FLN-ALN réglementait tout le dispositif mis en place. L’écrivain en cite plusieurs chapitres dans son livre (P. 23-24). «Cette stratégie était renforcée par des règles de discipline précisant les limites des devoirs et des responsabilités ainsi que les buts des inspections sanitaires», écrit prof. Khiati. «Où allez-vous, ne rentrez pas dans cette salle, attendez dehors», criait «l’homme à tout faire» du chef de service qui nous a opérée, un matin à la face d’un patient semblait perdu. Il n’est pas question de voir le professeur sans le consentement de ce «caporal de service». Il renvoie méchamment tous ceux qui oseraient le contredire. L’on s’est toujours demandé si le prof savait ou non que son «assistant» agissait aussi insolemment avec les patients. Nous n’avions jamais osé lui poser la question. Son «homme de main » devait peut-être s’appuyer sur le faciès, la fonction ou autres caractéristiques des patients pour se renseigner sur «leur rang», ceci pour savoir s’il devait les laisser voir le prof ou pas.
 «Des rapports d’activité, des comptes-rendus de missions et des conférences périodiques étaient exigés de tous les responsables à différents échelons», écrit le professeur Khiati dans son livre. Ce qui ne doit pas être le cas dans les hôpitaux d’aujourd’hui, autrement, le chariot pour amener les malades au bloc n’aurait pas été aussi pourri, l’infirmier pas aussi insolent. Et le chef de service aurait eu son mot à dire sur le désordre qui règne tout autour de lui.

LE TEMPS DE LA PESTE N’EST PAS REVOLU

Prof Khiati fera de son mieux pour rappeler à la mémoire collective tous ceux qui ont contribué à mettre en place un système de santé performant durant la guerre avec toutes les difficultés qu’ils rencontraient et les dangers qu’ils encouraient. L’auteur citera de nombreux noms de médecins et d’étudiants en filières médicales qui ont participé à cette entreprise durant la guerre de libération nationale. Il s’excusera s’il en a oublié d’autres parce que, dit-il, «il n’a pas été facile d’accéder à toutes les informations recherchées». Le but de leur histoire est, écrit-il, de «les faire sortir de l’oubli particulièrement ceux qui sont tombés au champ d’honneur». Il interroge aussi en notant que «considérés avec beaucoup de respect au cours de la guerre de libération, seraient-ils les mal-aimés de la révolution ? Pourquoi, à ce jour, certains n’ont pas été honorés ou, plus grave encore, la mémoire d’autres tombés au champ d’honneur reste-t-elle vouée à l’oubli ?» Il se demande aujourd’hui si les Algériens ont entendu parler une seule fois du Dr Abdesselem Haddam qui exerçait à Oujda au temps de la guerre mais qui, dit-il, «a largement contribué à mettre en place le secteur de la santé au temps de la révolution».
L’auteur a aussi écrit sur «l’histoire des épidémies, des famines et des catastrophes naturelles en Algérie». Le professeur Bachir Ould Rouis qui l’a préfacé le remercie pour «l’incitation qu’il fait aux pouvoirs publics à la nécessaire concertation qu’ils doivent avoir constamment avec les milieux scientifiques devant les risques toujours présents, le premier ancien mais toujours menaçant étant celui de la peste, du choléra, du typhus, du paludisme, de la syphilis et de la tuberculose et le second moderne et planétaire et cette fois-ci viral avec la grippe aviaire, le sida ou le sras».      Les maires nouvellement élus doivent savoir que des rats gros «comme ça» courent entre les pieds des passants de la rue Ben M’hidi d’Alger. C’est que le temps de la peste n’est pas révolu.
La peste à Oran, le botulisme à Sétif, la tuberculose dans certaines régions de Kabylie durant les années 90 et bien après laissent douter de l’existence de la concertation des médecins avec les milieux scientifiques, ou alors de son efficacité. Vu l’état de nos quartiers et de nos villes, l’on doute surtout que «l’hygiène est foi» comme le dicte l’islam.
La réforme hospitalière dont il est question depuis longtemps devra commencer par placer la prise en charge du malade au centre des préoccupations de l’hôpital. Parce qu’au regard de leur comportement, beaucoup de médecins et de paramédicaux l’oublient.

L'ancien jeune

L'ancien jeune
par El-Guellil
L'exemple algérien n'arrête pas de faire des émules. On a tendance, quelques fois, souvent, à l'oublier. Le film « La bataille d'Alger » a été projeté lors d'une séance de travail sur le terrorisme et comment le combattre, pour des spécialistes américains. C'est dire que notre révolution ce n'est pas rien. Mandela, puisse Dieu avoir son âme, est venu en Algérie s'imprégner de l'expérience de nos fida et maquisards. Et la dernière, c'est l'Autriche qui, comme nous, décide de nommer aux Affaires étrangères un ministre âgé de 27 ans. Voilà qu'ils se mettent à vouloir ressembler à l'Algérie de 65 qui avait le plus jeune ministre des Affaire étrangères, oui il avait lui aussi 25 ans notre Bouteflika. Sauf que nous, nous n'avions pas le choix, ils étaient tous jeunes ceux qui sont restés vivants à l'indépendance. Ce n'est pas le cas de l'Autriche. Celui qui a été désigné aux AE a fait l'unanimité grâce à ses capacités et son travail. Place aux jeunes ! place à l'efficacité. Pourvu qu'il ne se fasse pas la grosse tête et qu'il décide de ressembler au nôtre sur tous les plans. Mais l'Autriche, ce n'est pas l'autruche. S'enfouir la tête dans le sable lorsqu'il y a péril afin d'éviter ce qui la menace, ce n'est pas sa politique.

Oui mais ils ne pourront jamais nous ressembler. Eux, ils n'ont pas eu un million et demi de chahids. Ils n'ont pas de personnel politique qui revendique la propriété de l'histoire. Ils n'ont pas autant d'anciens moudjahidine et un ministère qui les gère avec un budget aussi important que celui de l'Education nationale. Ils le méritent on le sait, c'est grâce à eux qu'on est ce qu'on est et qu'on naît ce qu'on naît et qu'on est avec un nez intact. Le nif ! Ce nif qui est à l'origine de toutes les décisions prises, ennif ouel khsara. Mais c'est aussi grâce au nif qu'on intercepte toutes les pollutions.

Université : Au-delà du quantitatif

Université : Au-delà du quantitatif
par Salah-Eddine K.
Les licenciés du système LMD n'auront plus à souffrir de la discrimination qui leur est imposée pour leur insertion dans le monde du travail au niveau des administrations publiques.

Ces dernières ne pouvaient en effet les employer pour la simple raison que ce diplôme (bac+3), instauré en 2009 dans les universités, n'est pas encore accepté en tant que tel par la fonction publique. La bonne nouvelle est qu'une instruction interviendra au courant de cette semaine, émanant du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Une licence du système LMD et la licence du système classique préparée en 4 ans sont toutes les deux des licences d'Etat et se valent pour le recrutement, a indiqué le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Mebarki, qui était, hier, l'hôte du Forum d'El Moudjahed. Brossant un tableau du système LMD, le ministre signalera que cette année, les nouveaux licenciés du LMD ont été à hauteur de 75% inscrits au diplôme supérieur qui est le master et le recrutement de 6.000 enseignants est attendu pour cette année. En ajoutant que le nombre d'enseignants (tous niveaux confondus) avoisinait, à la dernière rentrée, 45.000 dont 20.000 femmes. La qualité des diplômes n'a pas été en reste de l'intervention du ministre puisque le souci de l'université, a-t-il affirmé, c'est aussi celui de «dépasser le stade quantitatif du nombre de filières en rapport avec le marché de l'emploi et les besoins économiques pour se consacrer à la qualité des diplômés». Le ministre n'a pas omis de souligner que des dysfonctionnements apparaissent au jour le jour qui sont corrigés au fur et à mesure, tout en indiquant qu'il est «trop tôt pour faire une évaluation de ce système» encore à ses débuts.

Par ailleurs, l'intervenant indiquera que l'université algérienne connaît de nombreuses avancées dans la recherche. Il réitérera que le taux de 1% du produit intérieur brut (PIB) est consacré par notre pays au domaine de la recherche. Il citera les exemples sur les publications de recherches dans des revues internationales spécialisées ou encore sur l'insertion de chercheurs algériens dans des programmes de l'Agence spatiale américaine (NASA) ou la future signature d'un accord de partenariat avec le leader informatique américain IBM pour la fabrication de puces électroniques dans notre pays. Défendant son secteur, le ministre n'a pas raté l'occasion pour aussi défendre «l'honneur» de l'université après la diffusion d'un reportage sur la chaîne TV (Ennahar) sur les cités universitaires. L'affaire a provoqué un tollé général, ce qui a poussé le ministère de tutelle à déposer une plaine contre cette chaîne durant la semaine écoulée.