jeudi 6 mars 2014

Université : la direction de la recherche fait-elle fausse route

Université : la direction de la recherche fait-elle fausse route ?
par Ali Derbala *
Dans nos universités et au ministère de tutelle MESRS, avec ses différentes directions, les discussions pédagogiques et scientifiques n'existent pas et si elles existent, elles prennent la forme d'une véritable lutte.

Lors de la CUN 2013, l'auteur a essuyé un avis défavorable à sa nomination au grade de professeur de mathématiques sous les motifs que son article n'est pas publié dans une revue de renommée et n'est pas de spécialité mathématiques. Par e-mail ou courriel, dans un fichier pdf dénommé «publist... sciex», une liste de revues du bouquet scientifique Thompson-Reuters est diffusée électroniquement par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, la DGRSDT.  Seulement, cette liste est incomplète et des revues de bonne qualité y manquent et ne sont pas citées (1). Cette liste de revues a été imposée d'une façon «autoritaire» à la communauté scientifique sans qu'aucun débat ne s'est installé dans nos universités, sauf dans une où seulement la liste a été entérinée, celle de Boumerdès et où la rencontre le 09 Décembre 2013 a eu lieu. Il y a lieu de rappeler que c'est dans cette même université UMBB que le système pédagogique LMD a été introduit pour la première fois en 2003 ou 2004. Les conséquences de cette aventure de longue haleine, de 10 à 11 ans de LMD, se font encore sentir.

LA FORMATION DES MATHEUX

La formation des matheux exigeait d'eux une connaissance à peu près universelle des divers domaines de la mathématique telle l'analyse, la géométrie, la mécanique, l'algèbre et les probabilités. L'avènement de la mathématique « moderne» a entrainé, non seulement le morcellement des champs du savoir, mais l'abandon de parcelles entières. Des pans non négligeables de la mathématique du XIXe siècle sont aujourd'hui exclus du bagage de la plupart des matheux. Les zones de compétence disparaissent-elles pratiquement telle la géométrie et la mécanique. Les matheux ne connaissent presque plus la mathématique à fortiori ils ne savent rien de la science. L'idée d'une «culture mathématique», d'une «méthode mathématique» ou d'un «esprit de mathématicien» est devenue une fumisterie. De nos jours, des professionnels de mathématiques existent mais Il n'ya plus de mathématiciens. Aucun matheux ne fait ou n'applique ou n'est en mesure d'élaborer des mathématiques de Cauchy, de Gauss, de Riemann, de Lebesgue, de Lobachovsky, etc. Cauchy domina les mathématiques françaises à partir des années 1820 jusqu'à sa mort. Il est un des principaux fondateurs de l'analyse mathématique telle qu'elle est enseignée aujourd'hui. Gaspard Monge donnait des cours de géométrie descriptive et a fait éclore encore une fois l'école française de Géométrie.           Aucun matheux algérien n'est en mesure de calculer des surfaces comme le faisait Euclide, faire de la géométrie du temps de Platon. La recherche en mathématiques y était de caractère essentiellement individuel, à la fois manuel et intellectuel.           Les mathématiciens algébristes, analystes, probabilistes, RO-istes et mathématiciens appliqués, se répartissaient en une hiérarchie essentiellement fondée sur la reconnaissance mutuelle des mérites, ils étaient dispersés et relativement isolés, faiblement institutionnalisés. La division du travail s'est imposée; division en disciplines de plus en plus cloisonnées et même en sous-disciplines: la mathématique n'existe que comme conglomérat de spécialités : fractales, théorie des graphes, ordonnancement, fiabilité, processus stochastiques, théorie des nombres, analyse mathématique, EDP, EDO, codage-décodage dans les transmissions, théorie des groupes, algèbre linéaire, etc.

LA RECHERCHE OPERATIONNELLE FAIT-ELLE PARTIE DES MATHEMATIQUES ?

A l'USTHB, le département de la RO, recherche opérationnelle, est domicilié à la Faculté de mathématiques. Cette dénomination de «Faculté de mathématiques» n'est pas encore reconnue dans l'organigramme des Facultés d'une université algérienne. L'auteur est spécialiste en Recherche Opérationnelle, une discipline des mathématiques modernes, et non des mathématiques archaïques. La mathématique moderne a favorisé la hiérarchisation et l'esprit d'élite au nom d'une science présentée comme intrinsèquement difficile, accessible à quelques privilégiés. La géométrie, l'algèbre, la théorie des nombres etc. sont des mathématiques qui ne se font plus à la «main». Les mathématiques sur du «papier» ne donnent aucun «essor à la recherche» et cela depuis plusieurs siècles. Tout s'élabore par des résolutions algorithmiques, telle l'équation de Fermat qui date de plusieurs siècles et que sa résolution n'a été possible que par l'utilisation de gros ordinateurs. Tout est devenu «calcul formel», un calcul fait par les ordinateurs. Peut-on dire à Benoit Mandelbrault, éminent mathématicien français, qu'il ne fait pas de mathématiques ? Les «fractales» ne sont que la résolution d'une équation simple, itérative ou récurrente. Cette résolution se fait par l'application d'un algorithme et à l'aide des ordinateurs. L'auteur s'intéresse aux problèmes d'ordonnancement. Ces problèmes se modélisent comme ceux de l'optimisation combinatoire où il faut optimiser une ou plusieurs fonctions objectifs (multi-objectifs) sous des contraintes imposées par le milieu où se fait l'étude. Parfois cet objectif ne peut même pas être défini.

Ces problèmes sont appelés en analyse mathématique les problèmes des «extrêmats liés». Les «extrêmats liés» ne font-ils plus partie du calcul différentiel ? Les solutions à ces problèmes n'existent que dans des cas très lisse, idéal, parfait, chose qui est en général impossible même dans la «nature». Faute de solutions analytiques exactes, des chercheurs se lancent à la détermination de quelques solutions, parfois même en se contentant d'une solution approchée. Cette résolution approchée s'appelle détermination de solutions par une «heuristique» ou une «Métaheuristique».

L'article en question est publié dans la revue IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristics and Computing (2).

En analyse mathématique, faute de solutions bien caractérisées et faciles à déterminer, la résolution des problèmes se fait souvent à l'aide de l' «analyse numérique», des procédés algorithmiques et itératifs.

DE LA RESPONSABILITE DANS LA RECHERCHE EN MATHEMATIQUES

Aujourd'hui, on trouve dans la recherche mathématique (et même dans les autres spécialités telle la médecine…) des directeurs de laboratoires qui se comportent comme des «patrons» ou des «boss» (pour ne pas les qualifier de Mandarins) qui consacrent la plupart de leur temps à des fonctions administrative et politique générale, membres de la CUN, membres des commissions de projets de recherche, des projets pédagogiques, ayant souvent perdu tout contact réel avec la recherche, mais présentant dans les congrès les résultats de «leurs» chercheurs, cosignant des articles qui parfois ne connaissent même pas leur contenu. Certes, certains sont des «chercheurs confirmés» qui organisent le travail, répartissent les tâches, surveillent leur exécution et sont souvent les seuls à avoir une idée claire du projet en cours. Ils dominent et mènent une » hégémonie totale «sur les jeunes ou futurs chercheurs. Il n'y a plus aucune unité sociale du milieu scientifique, mais d'aigus conflits d'intérêts en son sein (1). Les articles scientifiques comportent de plus en plus de signataires. Les théoriciens ne font qu'améliorer progressivement une idée largement commune. Plus un article est obscur, illisible et difficile à lire, plus il a des chances d'être publié. En mathématiques par exemple, si vous écrivez soit «f» une application de l'ensemble de nombres réels à valeur dans l'ensemble des entiers naturels, vous ne risquez pas d'être publié car l'application est dite «élémentaire». Mais si vous écrivez soit «f» l'application définie sur le «bord» de l'intérieur de l'adhérence d'un demi-espace ouvert à hyperplan d'appui tangent en un segment d'un espace de Sobolev muni de la norme LP à valeurs dans une variété linéaire de dimension « n-1» plongée dans un «Tore», là on dira que c'est des mathématiques… Une chose impossible à réaliser. Vous ne pouvez même pas imaginer de quel genre d'applications en est cette «f». Une «escroquerie monumentale» quoi !

DEMOCRATISER OU REDEPLOYER LA DGRSDT

Le plus urgent est de démocratiser la DGRSDT, cette institution de recherche. Récemment, un redéploiement de ses responsables s'est effectué où le «directeur de la recherche» a été semble-t-il remercié.

Son site Web est toujours en construction. Aucun «appel à candidature» n'a été lancé pour occuper ce poste et d'autres postes au niveau de cette direction.

De ma recherche sur Internet, j'ai retrouvé que certains directeurs et sous directeurs de la recherche ont cosigné des articles avec le DG, un scientifique à CV bien fourni. Les directions et priorités de l'activité scientifique sont déterminées à un niveau de l'appareil d'organisation sociale toujours plus élevé, et toujours plus éloigné des lieux du travail scientifique, soit l'université. Son «siège» doit être « tournant», domicilié dans le laboratoire ou l'université algérienne la mieux classée et non sur les «hauteurs d'Alger», à 200 m de «Makam El Chahid» avec une vue très agréable et imprenable sur la «baie d'Alger» à El Mouradia.

Dans un esprit américain, celui de «Ongoing Research» (recherche continue), le DG de la DGRSDT doit être le directeur du laboratoire algérien qui a réalisé le meilleur classement de son institution et non celui qui a le meilleur Curriculum Vitae.

Conclusion

Des déconsidérations envers les «Anciens» enseignants-chercheurs sont constatées. Je suis pour une nomination «au cas par cas» au grade de professeur des universités.

La dévalorisation de l'enseignement supérieur est donnée par les critères de nomination aux grades de maîtres de conférences et professeurs. Il ne suffit pas seulement de deux articles scientifiques et l'encadrement de deux masters ou magisters ou doctorat pour être nommé Professeur. Le Professeur doit disposer d'une «chaire» (de nos jours, une spécialité en master et doctorat) où il dispense sa recherche sous forme de cours spécialisés. A l'université algérienne, seuls les qualités de chercheurs sont prises en compte, et rarement leur valeur pédagogique.

De ce fait, certains professeurs ne savent pas parler, ils ne communiquent pas. Pire, beaucoup parmi eux ne savent pas lire couramment un texte. De là à écrire une requête ou un article de vulgarisation de leur spécialité, c'est une «montagne à soulever». Comment ceux qui ont le pouvoir d'une commission ministérielle font-ils accroire qu'ils sont du côté de la réalité, de l'objectivité et de la raison ? Beaucoup de matheux sont dépossédés de toute maitrise de leur activité, n'ont plus ni contrôle, ni compréhension de son sens.

Sait-on que 95% des articles scientifiques ne sont jamais cités dans la littérature ultérieure ? Dans leurs articles, les matheux ne veulent plus citer certains de leurs pairs.

La perte de contrôle est l'anarchie de la publication scientifique, inflation d'articles, de qualité souvent médiocre ou de sujets de mathématiques sans intérêt, sans aucun impact autre que de garantir la position de leur auteur. La reconnaissance individuelle est souvent externe et extérieur à la créativité scientifique. Elle tient souvent au bon réseau de «relations».

* Universitaire

Références

1. Ali Derbala. De l'aventure du LMD en pédagogie.

Le Quotidien d'Oran, Débat, Dimanche 09 février 2014, p.05.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5193961

2. Mohamed Messaoudi-Ouchene et Ali Derbala (2013). A modified ant colony

algorithm to the P? prec? Cmax scheduling problem: A comparative study. IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristic Computing. July-September 2013, vol.

4, N?. 3, pp. 65-74. http://www.igi-global.com/article/a-modified-ant-colonyalgorithm-to-the-p-prec-cmax-scheduling-problem/96933

dimanche 9 février 2014

De l'aventure du LMD en pédagogie

De l'aventure du LMD en pédagogie
par Ali Derbala *


Lors de la réunion de la CRUC (Conférence régionale universitaire Centre), du 9 décembre 2013 qui a eu lieu à l'UMB Boumerdès, dans le procès-verbal de la réunion, dans son paragraphe 2 intitulé Soutenance de doctorat et Habilitation universitaire, des débats sur les catégories de journaux scientifiques se sont installés.

Deux responsables de la DGRSDT ont donné des informations et des éléments de réflexion afin de mieux guider le chercheur. On peut lire aussi que 251 micro-domaines sont répertoriés dans le Web of sciences qui est un bouquet se trouvant dans Thomson Reuters [1]. Cette catégorisation n'est pas encore publiée mais elle est effective ou appliquée pour sanctionner de brillants chercheurs.       Deux doctorants de notre département de mathématiques n'ont pas reçu l'autorisation de soutenance et un Maitre de conférences classe-A n'a pas été nommé Professeur alors qu'il remplit toutes les conditions requises [2]. Pourquoi nous-impose-t-on ce bouquet scientifique? En effet, s'il faut appliquer les recommandations de cette conférence pour les travaux antérieurs, il faut revoir les nominations de tous les MC-A et les professeurs. Les chercheurs ne sont pas impliqués dans la conception de cette base de données, sa planification et son implémentation.

Ce bouquet ne peut pas répondre aux aspirations actuelles de nos chercheurs et doctorants [3]. Les responsables des universités et les chercheurs vont mettre en œuvre cette base parce qu'elle est introduite d'une manière autoritaire.

THOMSON REUTERS : UN BOUQUET SCIENTIFIQUE DOMICILIANT WEB OF SCIENCE

Sous l'égide du MESRS, la DGRSDT a donné une catégorisation des revues scientifiques en un nombre au moins de huit. Thomson Reuters est d'origine américaine et capitaliste. Avec ce qui se dit et s'est dit sur la fameuse agence d'espionnage scientifique sur Internet et les communications la « NSA», il me semble qu'il faut être un peu prudent et vigilant. Depuis mes classes de lycée dans les années 73, dans tous les journaux d'Etat de l'époque tels El Moudjahid, Algérie-actualité etc., on n'a cessé de dénoncer l'impérialisme américain. On a même écrit dans ces journaux des slogans du genre « Un groupe de jeunes de l'UNJA de Ain El-Fekroun condamne l'impérialisme américain». Pourquoi les responsables actuels de la recherche, les responsables de la DGRSDT ne jurent que par cet organisme ? Aucun débat n'a été installé dans les autres universités scientifiques algériennes sur ce bouquet scientifique. Le même agissement ou la même modalité d'introduction du LMD, un système d'attribution de nouveaux diplômes, se répétera encore une fois en 2014 mais cette fois-ci dans la recherche.          De nos jours, on devient membre de Droit d'une société savante, non pas pour la somme de ses travaux scientifiques réalisés, mais en payant une adhésion (Membership Dues). Pour 2014 et pour adhérer à la société savante, la Société Américaine de Chimie [4], les prix sont de : -Regular or Reinstating Member 4.00 USD, Graduate Student Member .00 USD, First Year Graduate Student Member .50 USD, Undergraduate Student Member Without C&EN .00 USD, With C&EN electronic or print delivery .00 USD et Non-Scientist/Society Affiliate 4.00 USD. Comme mentionné en anglais et en italique, même un non scientifique peut devenir membre de cette société savante. L'exemple de cette American Chemical Society est révélateur des agissements des américains. Payer un article pour qu'il soit publié dans une revue scientifique est un acte répréhensible. L'auteur de l'article dans une revue payante achète sa publication. Ce n'est pas un acte scientifique mais commercial. Aucun discours scientifique dans ces bouquets ou ces sociétés savantes n'est tenu mais seulement des «tractations financières ».

IMPOSSIBILITE DE SOUTENANCE DES DOCTORANTS ET DONC DE NOMINATION DANS LES GRADES SUPERIEURS

Beaucoup de revues de renommée mondiale ne sont pas sur la liste des revues de ce fameux bouquet, surtout les revues des pays de l'Est et même américaines ou australiennes, pour me semble-il une question financière. Les chercheurs de notre département de mathématiques ont publié leurs travaux dans des revues qui ne sont pas sur la liste du fameux bouquet cité. Ils ont publié dans les revues suivantes. A. Discussiones Mathematicae Graph Theory, un journal de théorie des graphes non payant. Il date de 1995, soit 19 ans d'existence. Il est domicilié en Pologne d'où était originaire le grand professeur Bryll, Professeur de logique mathématique à l'USDBlida. Dans l'Editorial Board, j'ai retrouvé et reconnu deux grands chercheurs. Leurs articles étaient ma bibliographie de références et sur lesquels j'ai travaillé mon magister durant les années 1988-1991 sous l'égide du Professeur de renommée mondiale, Pr. Konrad Engel, un allemand de l'université de Rostock, en Allemagne. Il s'agit des professeurs : H.-D.O.F. Gronau (Rostock, Germany) et G.O.H. Katona (Budapest, Hungary), deux grands chercheurs en « Combinatorics». C'est les «Maîtres» de mon «Maître» le Professeur Konrad Engel.

UNE « PUDEUR» S'IMPOSE

B. The Australasian Journal of Combinatorics, Journal qui va devenir à «accès électronique» depuis 2014, gratuit pour publication et lecture. Certes, l'Australie c'est l'autre monde. Il y a des traditions, un autre système scientifique qui n'est pas celui de l'Europe. Il date depuis 1990, soit 24 ans d'existence. Les copies d'articles en papier ne seront plus imprimées.

La publication sera électronique, juste après l'acceptation des articles, l'accès à l'article sera «gratuit» pour tout individu. Cette gratuité de l'article augmentera sa visibilité à travers le monde entier. C'est un journal non payant.

C. AKCE International Journal of Graphs and Combinatorics, les articles acceptés sont arbitrés par les référés de la société de mathématiques Mathematical Reviews (AMS) et Zentralblatt MATH. Ce journal est accepté pour figurer dans SCOPUS. Il n'est pas payant. C'est un vrai journal scientifique, édité par une université et non pas par un groupe financier. Il date de 2004, soit 10 ans d'existence. D. IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristic Computing [2, 5].

L'article publié dans cette revue classée catégorie B date de Juillet 2013. Il est antérieur à ce procès verbal. Ce Journal est indexé par plusieurs bases de données telles ACM Digital Library, Bacon's Media Directory, DBLP, Google Scholar, INSPEC, JournalITOCs, MediaFinder, The Standard Periodical Directory et Ulrich's Periodicals Directory. Les revues scientifiques de cette catégorie B proviennent des bases sélectives telle que SCOPUS d'Elsevier, «All databases» de Thomson Reuters (Medline, INSPEC, Biosis...etc) etc… Seulement, ce journal IJAMC n'est pas répertorié dans la liste incomplète de «publist... sciex», une liste de « Science Citation Index Expanded » fournit par la DGRSDT. Comme ils sont partisans du moindre effort, les membres de la CUN 2013, la commission universitaire nationale 2013, n'ont pas fait cet effort de recherche pour réaliser que la revue où mon article est publié, est cotée. Ils se sont contentés de la liste fournit par la DGRSDT. Le journal existe depuis 2010.

Il a déjà quatre années d'existence scientifique. Dans l'Editorial Board on peut lire que le Honorary Editor n'est autre que «Fred Glover» du centre de recherche OptTek, Inc. aux USA, l'inventeur de la métaheuristique «méthode taboue» ou «Taboo search Metaheuristic».

Dans un pays comme le notre, pourquoi faut-il attendre 10 ans pour qu'une revue soit reconnue?      Pourquoi attendre que les feuilles de la revue « jaunissent » pour qu'elle soit reconnue ? La réponse est que dans l' «échelle de la science», les algériens sont à l'«âge de la pierre », âge où il a fallu 300.000 ans pour tailler une pierre, 10.000 ans pour sortir d'une caverne etc.,…10 ans pour accepter une revue… «Normal» comme aiment reprendre nos jeunes ! Ils sont à l'âge de la paléontologie. De ce fait d'omission de porter sur la dite liste « publist...sciex », le journal scientifique Classe B cité ci dessus, eu égard à la somme de mes travaux réalisés depuis ma nomination au grade de MC-A et cela depuis 2004, je demande à Monsieur le Ministre MESRS, de bien vouloir instruire ou appeler à une «CUN 2013 extraordinaire» pour revoir ma nomination et de m'établir dans mon droit absolu d'être nommé au grade de Professeur de mathématiques.

Conclusion

Pourquoi nous-impose-t-on comme bouquet scientifique Thomson Reuters ? Rares sont élus les algériens, de quelques universités algériennes, membre scientifique de ces journaux.

Comment peut-on faire la fine bouche aux quatre revues citées ci-dessus sachant que jusqu'à cette date de février 2014, il n'existe aucune Revue Algérienne de Mathématiques où les chercheurs peuvent publier leurs travaux ?

La recherche en Algérie a été dotée d'un budget d'un milliard de dollars. C'est du Sabotage Scientifique.     La moralité de notre aventure est que la différence de salaire mensuel entre un MC-A et un professeur est en moyenne de 22.000 DA. Empruntant l'expression au chroniqueur Kamel Daoud du journal LQO, un « parkingueur» gagne quotidiennement cette différence de salaire.          C'est une honte, l'Algérie est devenue un pays sans morale, sans vertus, sans valeur humaine mais à valeur matérielle.

Voilà comment raisonnent les intellectuels algériens. D'autres professeurs algériens ont subi les agissements néfastes de leurs assistants ou de leurs anciens étudiants. Feu le Professeur sociologue Djamel Guerrid de l'université d'Oran a reçu un avis défavorable pour son projet PNR, cet avis n'était pas motivé et était donné par ses ancien(ne)s étudiant(e)s.

La professeure Nacira Zellal, de l'université Alger 2, a été spoliée de ses travaux et de ses projets de recherche dans l'orthophonie par ses ancien(ne)s étudiant(e)s.

L'un des professeurs qui a présenté à Boumerdès [1] cette catégorisation n'est autre qu'un de mes anciens assistants d'algèbre dans les années 90.

Ça doit suffire cette «bêtise humaine» purement imaginée car plusieurs fois dans les journaux, j'ai dénoncé une gestion bureaucratique de la recherche et sa 7.

* Universitaire

Halte à la bureaucratie dans la gestion des laboratoires de recherche en Algérie. El Watan, en deux parties. -Mardi 01 Décembre 2009, Rubrique : Idées-Débats, p.22. http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dans-la-Mercredi 02 Décembre 2009, http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dansla,144697 

dimanche 2 février 2014

L'évaluation et la qualité à l'université en question(s)

L'évaluation et la qualité à l'université en question(s)
par Rachid Brahmi
Vu la baisse sensible du taux de réussite au Bac 2013, l' accroissement notable du nombre de mentions supérieures à 12 et un programme moins délesté par les grèves ou ce fameux seuil dit «3ataba», le tout comparé aux sessions des trois précédentes années, les enseignants universitaires seraient rassurés quant aux acquis de leurs nouveaux étudiants qui devraient leur permettre de suivre une formation de meilleure qualité.

L'université aura ainsi, un flux estudiantin moins aigu que prévu, donc plus gérable. La thématique de la qualité, succinctement évoquée dans cette contribution, et ayant déjà fait l'objet de maintes réflexions, constitue un prolongement à l'article de A. Derbala(1).

 Par ailleurs, neuf ans après la mise en place de la réforme «LMD» par les établissements d'enseignement supérieur, la première réflexion nationale devant déboucher sur des actions concrètes, en rapport avec l'évaluation et la qualité, date à notre connaissance, d'au moins six années, puisqu'un colloque international, tenu à Alger(2) avait débattu de thèmes sur l'Assurance qualité, l'évaluation et la gouvernance universitaires, une rencontre où il a été très probablement élaboré, moult recommandations. Plus récemment, en octobre 2010, l'agence APS, rapporta, lors d'un entretien accordé à des responsables que «la rentrée universitaire aura pour slogan «la qualité des enseignements» et ceci, à travers le coup d'envoi de l'opération d'évaluation nationale des universités pour «garantir un enseignement de haut niveau qui réponde à des normes internationales».»  

Avant de nous interroger sur un état des lieux en Algérie, reprenons brièvement, pour mieux cadrer la problématique, quelques aspects gravitant autour de la notion de qualité (3). Aujourd'hui, la qualité de tout service, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, est un concept mesurable, donc quantitatif. Soulignons que la première série des normes ISO (4) pour les services, date de 1979. Selon une définition, l'assurance qualité dans l'enseignement représente « les moyens par lesquels un établissement peut garantir avec confiance et certitude, que les normes et la qualité de l'enseignement qu'il dispense soient maintenues et améliorées ».

La démarche qualité obéit à des procédures précises telles l'audit, l'accréditation et la certification. Les critères d'évaluation sont aussi bien internes qu'externes à l'organisme de formation. Conformément à l'article 11 de la déclaration mondiale de l'ONU, nous sommes amenés à évaluer tous les éléments concourant à la qualité de la formation dont les enseignements, les programmes, la recherche, les ressources humaines, les infrastructures, les équipements ... L'évaluation est multiforme, régulière, faite avec le consentement des acteurs en présence (étudiants, enseignants, personnel technique et administratif...) , les procédures d'évaluation étant évaluées à leur tour afin d'améliorer les processus itératifs (5) .  

En outre, convenant que les libertés académiques ont une influence majeure sur la gestion de la qualité, l'Unesco (6) établissait en 2005 des lignes directrices destinées à toutes les parties prenantes de l'enseignement supérieur, des pays de l'OCDE ou ceux du processus de Bologne. Précisons aussi, que la publication du rapport de Jacques Attali et ses collaborateurs, un document(7) à l'origine du système LMD, préconise une évaluation systématique, efficace et transparente des établissements et des enseignants, puis relève que la réussite du projet est une mise en œuvre entre les Etats, les institutions et les partenaires (syndicats, enseignants, personnel technique et administratif, étudiants..).

A cet effet, la rencontre de Salamanque en mars 2001 avait réuni 300 institutions européennes en créant l'EUA (European Universities Association) et note que «l'autonomie universitaire est une condition nécessaire» pour asseoir une réforme et «l'Assurance Qualité est la clé du succès ». Des comités de suivi rassemblant des syndicats d'enseignants, d'étudiants et des représentants des établissements ont été mis en place pour « étudier l'application des textes, conduire des réflexions sur divers domaines, analyser les démarches d'innovation et assurer le bilan des procédures d'évaluation ».

Débarquons maintenant dans nos universités , pour tenter de voir ce qu'il en est ressorti, en matière de différentes évaluations, neuf années après la mise en place du LMD, suivi du colloque international d'Alger de 2007, ses recommandations, et après l'annonce des responsables du secteur , en 2010, tout ceci en vertu de ce qui a été évoqué plus haut, comme procédures, outils, recommandations , opérations et lignes directrices. Soulignons, pour l'illustration, qu'un sondage est l'une des techniques d'exploration, une méthode statistique d'analyse(8) qui fait partie des outils d'évaluation, ou simplement dit, un questionnaire. Il est alors plus aisé et plus direct, de faire un tour d'horizon de la question, sous forme de questions.

Alors a-t-on procédé à une évaluation des démarches qualité, dans nos universités ? Ceux qui décident ont-t-ils lancé un sondage, par évaluation externe, pour trouver une réponse à la question précédente? En supposant maintenant, que nos gestionnaires surplombent les diverses étapes, dotés qu'ils seraient, des outils s'y afférents, qu'en est-il des enseignants, quant à leur implication? Comment et pourquoi? A-t-on suffisamment sensibilisé, informé, formé, mobilisé, associé les divers partenaires? Quand cela, comment et pourquoi? A-t-on instauré un système continu d'évaluation interne? Quand ça, sinon pourquoi? La communauté universitaire a-t-elle seulement une idée, même vague, de ces notions qu'on appelle les processus d'amélioration continue, l'accréditation, la certification, les outils statistiques, l'analyse des données et autres? Sinon pourquoi? Où en est-on au niveau de la Traçabilité des multiples données? Comment et pourquoi? Où en est-on pour l'évaluation des infrastructures et des ressources humaines ? Comment et pourquoi ? Où en est la bonne gouvernance qui exige notamment, une formation adéquate en management, de nos responsables, en dehors de leurs compétences scientifiques respectives ? Comment cela ? Et qu'est-il advenu des recommandations du séminaire international de mai 2007 ? Comment ça ? D'autre part, peut-on parler de qualité à l'université si nous n'appliquons pas une démarche similaire au niveau des paliers de l'éducation nationale ? Et pourquoi pas ?

En somme, qui, quoi, où quand, comment, combien, pourquoi ? C'est-à-dire autant de questions, qui devraient avoir, chacune une réponse. Soulignons que les qualiticiens n'ignorent pas que les diverses techniques utilisées pour toute évaluation, donc pour toute projection, sont des outils d'aide à la décision. La rhétorique a dès lors, très peu de place, face aux graphes, distributions, diagrammes, gaussiennes, et autres entités mathématiques tant éloquentes. D'autre part, les coûts liés au démarrage de la démarche qualité sont évidemment significatifs et nécessitent une ressource humaine compétente et formée pour les besoins de la démarche, bien que l'on soit unanime à affirmer, qu'évaluée à moyen terme, c'est la non-qualité qui coûte les yeux de la tête. A cet effet il n'y a qu'à voir les dégâts de notre système éducatif, en dépit d'importants moyens engagés. Pourquoi cela ? Il s'agirait aussi, de tenir le langage de la vérité. Et à propos de la communication institutionnelle d'une manière générale, de la démarche qualité à l'université en particulier, jetons un coup d'œil sur le site web du ministère(9), celui qui gère nos universités, hauts lieux du Savoir.

Dirigeons nous, vers le lien consacré à l'assurance qualité. Nous ne trouverons qu'une seule page. Squelettique, orpheline. Car, rien de plus, dans cette unique page, qu' un étalage de la définition de l'assurance qualité (fournie ci haut), tel un smoking exposé dans une vitrine, une définition que nous pouvons retrouver dans une flopée de sites consacrés à la question, suivie de deux liens se rapportant, l'un à des principes, l'autre aux attentes. Si vous cliquez sur ces derniers, vous allez alors , être téléporté vers une université du pays qui vous apprendra qu' elle a tenu un séminaire sur l'assurance qualité , rehaussé par la présence de l' ancien ministre , avec des photos comme preuves à l' appui du déroulement de l' évènement ; une quantité impressionnante de photos , et peu de documents instructifs. Allez y comprendre quelque chose. Mais il n'y a pas photo !

Bref, pour revenir à nos questions, les partenaires sont-ils «mis au parfum»? Si c'est top secret, il faut le dire, la famille universitaire comprendra. Autrement, elle ne pourra pas deviner. Quant au «coup d'envoi de l'opération d'évaluation nationale des établissements universitaires » selon les termes utilisés par les responsables de la tutelle, début octobre 2010, donc trois années ficelées , le coup d'envoi est apparemment parti, mais, depuis cette date, l'envoi est suspendu, car nous n'avons encore rien vu, rien entendu . Nous avions seulement lu, comme tout le monde, en 2010, que la rentrée universitaire 2010, aura un slogan.

Au final, l'adhésion et la mobilisation de la communauté universitaire, avec ses différents acteurs, n'est concevable, que lorsque tout projet est largement communiqué, puis défendu par une argumentation concise, comme un plus un font deux, pour rassurer les universitaires. L'écrasante majorité de la famille universitaire déçue (faisons un sondage , externe celui-là, sinon pourquoi? ) notamment, par les évidents effets d'annonce qui ne durent que le temps de l'annonce, veut bien croire, que l'on ne nous refile pas de la littérature, faite de slogans creux, de mots pompeux, de discours verbeux.

(1- Ali Derbala. «Le LMD : un nivellement vers le bas dans le contexte algérien » El Watan 18 septembre 2013

(2- Colloque international : Le système LMD entre implémentation et projection. Alger, mai 2007.

(3- Cruchant, L .La qualité Paris, PUF 1998.

(4- Site web ISO

(5- S Shiba, A Graham et D Walden In édition Dunod 1997 : 4 révolutions du management par la qualité totale.

(6- http://www.aeqes.be/documents/guidelines_F.indd.pdf

(7) http://media.education.gouv.fr/file/94/9/5949.pdf

(8- André, G Laurent. La méthode statistique Paris PUF 1968

(9- Le site mesrs.dz a été consulté durant les mois d'aout et de septembre écoulés. Rien de changé, le webmaster semble être encore en congé. 

mercredi 29 janvier 2014

Les candides

Les candides
par El Yazid Dib
Si certains d'entre eux annoncent une physionomie politique, leur dessein n'invoque pas une innocence ou pureté d'une attitude sans accroce ni défiance. La candeur, comme toujours, ne se localise pas à de telles enseignes.

Ils sont nombreux ces candidats que je me refuse de citer. Aucune " une " de journal ne peut aligner leurs effigies.

Venant d'horizons différents, ils font toutefois la mosaïque électorale. Qu'ils partent à la quête d'une aura qui en réalité n'existe que dans la tête de celui qui continue à croire qu'il en est auréolé ! La politique n'est pas un jeu dans une crèche, encore moins une conférence économique. La brutalité en ce domaine a été toujours dissimulée sous un langage d'enfant criant sa niaiserie à la moindre triche dans un jeu puéril. Personne ne semble être dupe pour venir, sachant qu'il périrait ; se mettre au travers de la trajectoire d'un destin artificiel déjà conçu. Il ne reste qu'à planter les éléments du décor pour que le sort soit des plus authentiques.

Etre candidat, pour les uns, s'assimile à une demande d'emploi. Pour les autres, cet acte n'est qu'un rajout de mention à un Cv en mal d'exhibition. Alors que pour certains, très rares c'est du sérieux. Déjà le ministère de l'intérieur annonçait, dimanche dernier soit 48 heures après l'ouverture des candidatures et avec un sourire controuvé à la limite narquois le retrait d'une quinzaine de demandes de souscription. 24 heures après le nombre aurait dépassé les 27 ! Ce chiffre a parait-il l'apparence de plaire et l'envie de le voir s'accroitre s'accroit également. L'on dirait qu'il existe une stimulation engouée de faire participer le plus grand nombre de candidats.

On ouvre l'appétit, sans oser le couper bureaucratiquement à ceux-là même qui n'ont pu avoir un simple mandat électoral dans leur localité natale. Il y en a qui viennent de loin, ceux qui arrivent par avion ou à l'aide d'un roman. Il y en a qui redécouvrent leur nationalité d'origine, ceux qui reviennent au pays faute de ne rien faire ailleurs.

Enfin il y en a les eternels joueurs dans le théâtre quinquennal. Ceux-ci en font de la candidature un métier. Ils ne rougissent pas aux présentations mondaines ; de décliner leur identité en profession : candidat présidentiel. Les conditions de recrutement à de tels concours populaires n'obéissent pas à des critères bureaucratiques que transvase la fonction publique. Elles sont d'ordre apolitique. Oui apolitique, car l'intention de se porter candidat à un tel poste, par certains n'est pas une affaire politiquement sincère. Elle ne sert en fait qu'un autre intérêt politique. Ces souscripteurs, crées parfois pour la circonstance ce qui justifie aussi leur longévité iront enchantés soutenir la boulimie insatiable de ceux qui les ont inventés lorsqu'ils n'étaient qu'au stade de la fécondation. Ils ne sont pas tous candides ces candidats. Et l'argent ? Il y est de toutes les façons. Candides ou pas.

L'appétence des proches élections n'a pas cessé d'enfanter des illusions à tous les échelons. L'empressement de se voir, pourquoi pas candidat présidentiel a troublé les têtes. Les partis, théoriquement véritables tracteurs d'entités à même de se profiler dans la course présidentielle, sont hors circuit. Le peu qui respire encore et difficilement s'acharne pour avoir au moins une place dans l'échiquier qui va composer l'avenir du pays. Il existerait beaucoup plus de candidats dits libres que ceux validés par des partis agrées. Si c'est aux partis de faire l'embryon de l'Etat, de le faire éclore dans les couches savoureuses de la démocratie ; c'est aussi à eux qu'incombe la tache de veiller d'en faire le support ferme et solide de la république.

Presque, sinon tous les candidats ayant répondu présents à l'appel de la convocation du corps électoral se cachent derrière un pouvoir quelconque mais en pales copies, contrefaites, altérées et disgraciées. Le poids du pouvoir parrain au sein du parti voulant mettre un homme ou soutenant l'autre dans ces joutes est très agissant. Il vacille, selon les conjonctures d'une affinité personnelle à un lien étroitement intime. Sa puissance s'exerce aussi par la qualité engagée et adhésivement collée au système que possèdent les détenteurs agissants dans l'organe central et ses divers démembrements dans l'exécutif décisionnel. Ce poids qui se pratiquait à un moment à leur profit s'est vu, démocratie rajeunissante oblige ; orienté vers leurs protégés. Le piston dans la démocratie est ainsi devenu un autre phénomène de la société politique. Basé sur l'instinct d'intérêt, il tend à corriger le paysage partisan en une immortalité parentale. Personne n'aura de doute quant à la nature de militantisme qui anime chacun d'eux. L'essentialité est que, ce militantisme manque de permanence et de constance. On ne milite pas pour une conjoncture ou une échéance. L'idéal est pérenne et incessant. Le travail n'est pas facile. Convaincre une personne en ces temps-ci est un vrai miracle. Chacun a eu sa morsure en pleine chair. Il faut d'abord se convaincre, puis essayer, sans s'arrêter à une date, à un programme ou à un homme de le faire à l'égard des autres. Le pouvoir va certainement être tancé, non pas sur la profondeur du système qui veut que cela se passe ainsi, mais sur des anicroches de transparence, de commissions et autres bagatelles allant dans le sens voulu par ce même pouvoir. Car l'objectif d'une élection dans un régime réputé pour être honni n'est autre que de crédibiliser son essence. Il tient par le respect des échéances à faire respecter la procédure dont il est l'auteur. Les règles d'un monde où tout le monde est censé y vivre ; doivent être par principe discutées et avalisées par tous. Les rapports sociaux imposés ne sont jamais à la longue arrivé à faire d'une vision personnelle un consensus général.

Ces élections n'auront pas en finalité à changer le mode de vie des algériens. L'habitude électoraliste ne les tient plus en haleine. Exception faite cependant pour ceux qui continuent à en faire une fonction voire un métier. Ca, ces électeurs ne font plus confiance. Ils voient en la politique que du mensonge, de la feinte et de la roublardise. Que ne leur a-t-on dit que leurs lendemains sera éblouissant, éclatant et apaisé ! Ainsi l'on voit que la politique se régénère dans le souci et le flou d'une incertitude liée à des lendemains imprécis. L'épouvantail de la l'artifice électoral, le spectre de la mafia du foncier, les alliances de conjoncture et autres fantaisies de précampagne, commencent déjà à alimenter les méninges de nos différents commis-politiciens. Chacun y va de son empreinte, chacun à une réalité qui n'est autre qu'une certaine ambition qu'il veut mordicus, opposer comme réalité absolue à l'égard d'autrui. Le tort est chez lui quand la déraison le pousse jusqu'à faire écrouler de son socle le droit des autres à la critique, au sens de la diversité et aussi à l'honneur de défendre leur honneur. L'algérien qui votait, le faisait pour le pays, pour la stabilité dans la construction d'un Etat de droit tant chanté, tant loué et qui se raréfie de jour en jour. Cet algérien veut bien croire en la transparence que crient ses gouverneurs et qui n'arrive jamais à renaitre de la noirceur de leurs intentions. Le néant trop béant qui abasourdit son climat national, croit-il transforme les chauves-souris en des êtres droits, éloquents et convaincants. Car les splendeurs des ténèbres n'appréhendent pas la pointe du jour ni l'accouchement de l'aube. Voilà que les vampires surviennent de jour, habillés de générosité et de bonne aumône ; proposer aux affamés; la liberté et le bonheur. Ainsi il est toujours facile d'édifier des manoirs, de magnétiser le peuple, de dessiner le redressement pour qu'en finalité, seule l'inutilité de tels propos est produite. Le discours prometteur est de mise. Ce caprice magistral est tout le temps un acte gratuit, car l'oralité elle-même est abondante. Le crachoir est fait pour ça. L'on ne mange pas quand on a un micro juste en face de son museau. La supercherie oratoire du bien parler ne devrait pas innocenter la duperie de faire croire à autrui que la prospérité est une affaire exclusive de simple discours. Le bien-être ne se dit pas, il se vit, s'exerce et se sent.

Nous allons entendre beaucoup se dire que l'Algérie va mal, que le malheur gagne tous les cœurs, que le changement est impératif, que le changement du changement l'est aussi. Mais à vrai dire a-t-on besoin de ces diseurs d'audits pour que l'on puisse chacun dans sa position faire ce constat et pire encore ? Nous marchons pourtant dans les mêmes rues qu'ils empruntent avec leurs nids de poules et leur absence d'éclairage. Nous fréquentons les mêmes marchés, peut être, pour acheter la meme marchandise au même prix, peut être. Nos enfants vont à la même école que les leurs, peut être et font aussi des cours supplémentaires dans des caves.

En fin ils nous diront ce que nous savons, ce que nous vivons et s'accentueront à nous dire aussi ce qu'ils nous feront faire une fois élus. Mais certainement ils s'empêcheront de rappeler qu'il fut un temps où le FMI nous dictait ses instructions pour une bagatelle de dollars empruntés, que maintenant c'est l'Algérie qui est courtisée par le FMI pour quelques millions de dollars. Ils omettront de dire que L'Algérie en cinquante ans d'indépendance a bien construit des écoles, des routes et autres immenses et salutaires infrastructures. Le gaz est presque partout, l'eau enregistre une moyenne satisfaisante, autant pour la scolarisation ou le développement rural. Ils ne vont pas dire que le terrorisme est vaincu et qu'il n'en reste que des poches " résiduelles ". Ils s'abstiendront d'invoquer la stabilité politique exigée par les menaces frontalières auxquelles se trouve confronté de toutes parts le pays, car croyant ainsi créditer le pouvoir en place. Balayer comme ça d'un revers de main toutes ces réalisations, croyant également faire tord à un triple mandat forclos et suspendre la continuation ; n'est qu'un délire électoral et un déni de vérité. Finalement, comme la nature ; la démocratie ne peut avoir uniquement des vertus. Elle peut aussi, sinon elle produit également des excrétions. Le contraire est vrai. L'autre partie, celle devant faire l'apologie d'un énième mandat, et appelant à la prolongation de la " gouvernance " actuelle ne doit pas berner le peuple pour positiver les scandales financiers et éclipser les inégalités et les écarts de gestion dans le partage de pouvoir. La régionalisation est érigée en un ensemble de critères où le sol natal en est le plus influent.

Le parrainage s'est rendu en une procédure légale, la gérontocratie a bouffé l'ultime sève qui demeure d'une jeunesse livrée au virtuel, doit-elle reconnaitre. L'esbroufe a emboité le pas à toute vertu. Cette partie qui va aussi rendre élogieux un bilan se doit de dire les faiblesses qui ont émaillé ses mentors. Que l'aisance financière est un don de la providence, que l'autoroute n'est toujours pas une autoroute et que Sonatrach déshonorée n'est plus une fierté nationale. Elle doit faire son mea-culpa face à ces haragas pour qui le pays n'a pu offrir un logis, un job et …une épouse. Le désenchantement des mandats successifs n'a engendré que l'illusion de l'Ansej et les chimères de l'Anem, se doit-elle de conclure. Enfin l'Algérie, heureusement d'ailleurs est avant tout la mère patrie de toutes les parties en lice. Beaucoup de gens, comme moi continuent à incarner le profil idéal de l'électeur indécis qui ne cherche qu'à être convaincu et qui évite l'invitation à l'ouverture des tombes avant termes, ou la joie de briser l'urne avant dépouillement ou le tir sur des visages encore candides. 

Au menu de la prochaine tripartite : Le crédit à la consommation dans la loi de Finances complémentaire

Au menu de la prochaine tripartite : Le crédit à la consommation dans la loi de Finances complémentaire
par El-Houari Dilmi


Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a annoncé hier mardi à Alger qu'un projet de décret exécutif fixant le cadre réglementaire pour le rétablissement du crédit à la consommation était en cours d'élaboration, «souhaitant le voir adopté lors de la prochaine tripartite prévue en février prochain».

En effet, le projet de décret exécutif, élaboré sur proposition du groupe de travail chargé de la promotion et du développement du produit national et issu de la réunion de la dernière tripartite, fixe et définit les grandes lignes de ce crédit destiné au « made in Algeria » dont la mise à jour de la liste des produits concernés et la liste des entreprises intéressées, a indiqué M. Benbada lors d'une conférence de presse en marge d'une rencontre d'évaluation avec les groupes régionaux et de wilayas. Il a souhaité également voir ce projet de décret adopté lors des travaux de «la prochaine tripartite prévue la mi-février prochain» en attendant de l'inscrire dans la loi de Finances complémentaire 2014. Interrogé sur le sujet par la Chaîne 3 la semaine dernière, le président de la Confédération des entreprises algériennes, Habib Yousefi, a estimé que le «rétablissement du crédit à la consommation, avec l'aide de l'Etat, était à même de booster la consommation, avec des effets d'entraînement indirects sur la croissance. Le patron de la CGEA a précisé que ce décret exécutif conditionne le retour du crédit à la consommation. «Nous (les entreprises algériennes) allons avoir un avantage indirect sur le plan économique et ça c'est très important (…) la question de la compétitivité ne se posera plus dans la mesure où nous aurions des avantages nettement plus importants que ceux des produits importés», a-t-il déclaré. Avec un «avantage indirect» que le crédit à la consommation va induire sur l'économie nationale, le patron de la CGEA a, par ailleurs, expliqué que l'encouragement à «consommer algérien aura des avantages comparatifs nettement plus importants que les produits importés».

Concernant le traitement par chèques des opérations commerciales, le ministre du Commerce a affirmé, hier, que cette opération était «un mécanisme supplémentaire important dans l'organisation des opérations et la garantie de leur transparence». Il a également rappelé qu'en 2012, le ministère du Commerce avait formulé des propositions écrites au ministère des Finances fixant les modalités du rétablissement du traitement par chèques et englobant les différents domaines, prestations et marchandises. «Il est important de prendre une décision concernant le traitement par chèques d'autant plus que nous accusons un retard en la matière», a-t-il ajouté. 

mardi 28 janvier 2014

Sidi El-Houari, Derb, El-Hamri et Médioni : Vers la réhabilitation de quatre quartiers populaires

Sidi El-Houari, Derb, El-Hamri et Médioni : Vers la réhabilitation de quatre quartiers populaires
par Djamel B.

Dans le cadre du programme de modernisation de la ville d'Oran, quatre grands quartiers populaires et historiques bénéficieront d'une vaste opération de réhabilitation, apprend-on de sources proches de la wilaya d'Oran.

Il s'agit des quartiers de Sidi El-Houari, Haï Derb, El-Hamri et Médioni. Ces quartiers, rappelons-le, sont touchés par le relogement de centaines de familles. Nos interlocuteurs affirment que le projet de réhabilitation de ces quartiers, tout comme la réhabilitation du vieux bâti, tient à cœur au wali d'Oran. Nos sources indiquent que cette opération intervient en parallèle au programme de réhabilitation de plus de 600 immeubles répartis à travers les différents quartiers de la ville. Une étude a déjà arrêté le nombre de logements à réhabiliter dans ces quartiers. L'étude a permis aussi d'évaluer l'enveloppe financière nécessaire à la réhabilitation de chaque quartier. A ce titre, la réhabilitation du quartier d'El-Hamri a été évaluée à quelque 8 milliards de DA, Médioni à 2 milliards de DA, Haï Derb à 850 millions de DA et enfin Sidi El-Houari à 4 milliards de DA. Dans ce quartier, d'ores et déjà, une opération pilote de réhabilitation de plus d'une dizaine d'immeubles près de la place Kléber a été programmée par la wilaya. Par ailleurs, nos sources signalent que le quartier de Sidi El-Houari a été proposé à la classification. Les mêmes interlocuteurs indiquent qu'au niveau de la direction locale de la Culture, on estime que le classement de Sidi El-Houari constituera une étape importante dans la vie de ce quartier. Cette démarche permettra l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de protection et de réhabilitation de ses sites historiques. La mise en œuvre de ce plan se fera après la publication, dans le Journal officiel, du décret portant classification du site et la prise en charge de tous les aspects administratifs et réglementaires liés à cette question. Nos sources signalent qu'une enveloppe conséquente a été consacrée à ce volet au titre du plan quinquennal 2010/2014. La classification de ce quartier a été faite sur la base d'un dossier sur les aspects sociétal, culturel, historique et géographique du site élaboré par la direction de la Culture, en collaboration avec les habitants du quartier et d'une équipe pluridisciplinaire composée de sociologues, architectes, historiens, auteurs et représentants d'associations versées dans la préservation du patrimoine. Le classement de ce quartier a été l'une des recommandations du colloque international sur la réhabilitation urbaine d'Oran, tenu en octobre 2008, avec la participation des habitants et des associations impliquées dans la préservation des patrimoines matériel et immatériel de la cité. 

jeudi 19 décembre 2013

Une entreprise algéro-française pour la construction navale

Une entreprise algéro-française pour la construction navale
par Moncef Wafi
Le constructeur de navires breton Piriou a annoncé hier la signature d'un partenariat public-privé avec le chantier naval d'Etat algérien Ecorep, dans le but de créer une coentreprise en Algérie, dénommée « Ecorep-Piriou ». Cette nouvelle société obéit aux lois algériennes puisque Piriou détiendra 49% de ses capitaux contre 51% pour Ecorep. Elle aura pour vocation de construire et réparer des navires de pêche et de servitude sur le site de Bouharoun situé à 40 kilomètres à l'ouest d'Alger. Ecorep est une entreprise publique de construction et réparation des embarcations de pêche à laquelle a été confiée la construction de bateaux professionnels en 2003 à travers quatre filiales de construction et réparation navales implantées sur trois pôles côtiers dont le site de Bouharoun, créé en 1982 et qui réalise des embarcations en bois de types sardiniers de 13 m à 22 m et des chalutiers de 16 m à 22 m.

Sa capacité de production est de 10 bateaux par an et d'environ 200 embarcations pour tous types de réparation.

Pour Pascal Piriou, le PDG du groupe éponyme, cette coentreprise devra permettre d'accéder au marché algérien de la pêche, inaccessible depuis la France. « Il permettra de créer de l'emploi et du savoir-faire en Algérie », expliquera-t-il dans un communiqué rendu public.

Le côté ingénierie et design de navires spécifiquement conçus pour le marché algérien sera soutenu par le site historique de Concarneau en France où sont basés les chantiers navals Piriou qui emploient mille personnes dont 300 en France. La relation commerciale de Piriou avec l'Algérie remonte à 1983, avec la construction d'un premier navire. En juin 2012, « El-Djedid 2 », livré fin mai pour le port d'Alger pour clore le contrat avec Piriou.

En 2010, les chantiers Piriou avaient remporté un appel d'offres international lancé par le Groupement d'Intérêt Commun des Entreprises Portuaires (GICEP) pour la construction de quatre remorqueurs d'exploitation portuaire. Trois ans plus tard, l'El-Djedid 2, le dernier des quatre remorqueurs en question, est livré, fin mai, pour être exploité par l'établissement portuaire d'Arzew, où il rejoindra El-Djedid 1, livré en octobre 2011, en même temps que l'Oued El-Kebir, destiné à Skikda. Quant à El-Haoues, mis en service en avril 2012, il travaille désormais dans le port d'Alger.

Le chantier naval français Piriou qui a assuré, pour le compte du GICEP, un volet de formation des équipages et de conduite des bateaux espère pouvoir se développer sur le marché algérien. Son patron, Pascal Piriou, avait expliqué que cette commande pourrait ouvrir la voie à d'autres contrats. Présent depuis plus de 30 ans en Algérie, le chantier naval compte renforcer sa présence sur le marché algérien, l'un des plus fournis au monde. En 2009, Piriou naval services, la branche réparation du groupe Piriou, avait remporté cinq appels d'offres internationaux, lancés par la société Sogeports, et concernant les arrêts techniques de cinq remorqueurs de 30 mètres, opérant dans les ports d'Alger, avec le « Mustapha Ben Boulaïd 2 », et le « Righa 2 » et « Choulou » pour le port de Skikda, ainsi que les « Tassina 3 et 4 » au port d'Arzew.