jeudi 8 mai 2014

L'épouvantable régression de l'université

L'épouvantable régression de l'université
par Ali Derbala *
«L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent.» Proverbe africain.

Quand j'ai lu dans l'article [1] que les jeunes diplômés algériens sont à la formation très médiocres, un sentiment de culpabilité a envahi tout mon esprit. Je suis donc fâché d'être qualifié de très médiocre. En effet, comment peut-on délivrer des diplômes aux étudiants qui n'ont rien retenu, qui n'ont rien acquis comme science ou savoir? Pourquoi les ex-MESRS n'exhibaient que des chiffres ? Cinquante Universités vides de sève humaine, des enseignants compétents et de bons étudiants, c'est le projet de la « carte universitaire » qui date des années 80. Au lieu de se concentrer sur trois ou quatre pôles universitaires dans tout le pays munis de tous les moyens pédagogiques et scientifiques, on a réalisé presque une université ou plusieurs dans chaque wilaya. Les responsables ont confondu des « aires » de plusieurs hectares et des universités, ces « creusets » du vrai « haut savoir ». De ce fait, on a sédentarisé les étudiants, des étudiants qui ne quitteront plus leur milieu familial. Les séquelles sociologiques se font sentir. Par exemple, des étudiants de Ghardaia n'ont jamais quitté cette ville et n'ont jamais connu d'autres algériens des autres régions.

1. REPROCHES AU CORPS ENSEIGNANTS DU SUPERIEUR

Au niveau des Universités, des professeurs, des maîtres de conférences, des maîtres assistants et des assistants ont signé positivement ou favorablement à ces étudiants très médiocres des procès-verbaux de réussite. Le corps des enseignants du supérieur est à incriminer dans cette situation de crise pédagogique. Il est même condamnable à la radiation. Les reproches sont inutiles et cruels si le mal est fait. Le statut de l'enseignant-chercheur repose sur les activités d'enseignement et de recherche et un déroulement des carrières des professeurs géré par le Commission Universitaire Nationale (CUN). La composition de cette instance est inconnue. Elle ne rassemble que des universitaires nommés par le MESRS, chose qui est absurde. Normalement, elle doit rassembler des universitaires élus par leurs pairs (2/3) et nommés (1/3) par l'administration universitaire. Aucune réflexion scientifique ou pédagogique ne peut être menée sans l'autorisation de la bureaucratie dans un lieu du Savoir et des idées supérieures. L'indépendance des professeurs de l'enseignement supérieur doit être un principe fondamental reconnu par nos lois. Personne ne peut ouvrir un débat franc et sérieux sur le LMD bien qu'on ait contribué dans plusieurs articles de quotidiens nationaux pour dénoncer ce système pédagogique importé de France, originaire d'Amérique, qui est vu comme ne pas convenir dans le milieu algérien. A l'Université, on doit accepter le désaccord et le conflit sur le pédagogique, le scientifique ou la recherche.

Les enseignants n'étaient pas impliqués dans la conception, la planification et l'implantation du LMD qui est considéré comme une introduction organisée du « ver » dans le fruit de l'enseignement supérieur. Les enseignants ont mis en œuvre ce système imprécis, parce qu'il était introduit d'une manière autoritaire (Il est le système officiel et légal). Il y a une perception de la gravité du phénomène et un sentiment d'impuissance face au problème. Cette situation de médiocrité persiste depuis le début des années 1990-2000. Déjà en 1994, un grand « cri » de détresse ou un signal d'alarme a été donné par Mairi [2].

2. DECADENCE OU REGRESSION PEDAGOGIQUE DANS TOUTES LES SPECIALITES SCIENTIFIQUES ET DE SCIENCES HUMAINES

Un élève qui ne sait ni lire, ni écrire, ni parler ne doit pas être autorisé à passer en classe moyenne. Il faut revoir l'accès des nouveaux bacheliers à l'Université quitte à leur instituer un concours d'entrée. A mon avis, une grande complaisance caractérise le Ministère de l'Education. Un constat amer est fait. Les étudiants sont plongés dans les ténèbres de l'ignorance les plus épaisses. Les étudiants n'accumulent pas des connaissances et ils ne les intègrent pas. On leur reproche leur inculture scientifique. La langue d'instruction d'une science est importante puisqu'elle est son vecteur de communication. C'est ce mal qui ronge l'université scientifique algérienne. Ce n'est pas seulement que la langue française qui pose problème. Les études du primaire, du moyen et du secondaire ont été négligées. En physique, les étudiants ne savent pas faire la différence ou ne savent pas définir, une force, une masse, un poids, un sens, une direction…notions du niveau de la classe de seconde des lycées. Pendant des années, les enseignants ont pu enseigner aux étudiants les lois d'Ohm, de Kirchoff, de Joule, les circuits électroniques, sans leur enseigner à changer un fusible sauté ou à réparer un montage en va-et-vient. En chimie, les étudiants ne savent pas définir ce qu'est une molécule, un atome, un électron, un neutron,… Des étudiants Master 2 en chimie ne connaissent pas une fonction organique Ether ou Ester. En électronique, les étudiants ne savent pas comment marche une « diode Zener », un processeur 8085…alors un processeur pentium IV, ils n'arrivent même pas à le présenter succinctement. En génie civil, les étudiants ne peuvent pas tenir une « truelle », ne peuvent pas porter un « théodolite manuel » et ne savent pas l'utiliser. Quant à celui à « guidage laser », il faut beaucoup de stages pratiques à l'étranger pour le manipuler. En mathématiques, les étudiants ne connaissent pas les définitions les plus élémentaires telles une fonction, une application, un domaine de définition, un domaine de départ, un ensemble d'arrivée, la construction de l'ensemble des entiers naturels, des entiers relatifs, …représenter une droite dans le plan…En histoire, beaucoup d'étudiants n'ont pas lu les ouvrages de feu Benhamissi, Rouadjia, ne connaissent pas De Gaulle, Staline…et les autres. En Sociologie, beaucoup d'étudiants ne connaissent pas Ibn Khaldoum et n'ont jamais lu sa Moukadima…. ne connaissent pas Bourdieu, Malek Bennabi, n'ont jamais entendu parler de l'école de sociologie de Chicago. Dans les études de Droits, presque aucun étudiant n'a lu les œuvres DE L'ESPRIT DES LOIS de Montesquieu (1689-1755). En économie, presque aucun étudiant n'a lu les œuvres de Marx, Lénine, Smith, Ricardeau… Les vieux algériens reconnaissent en Ricardeau, le camion Berliet à cinq cylindres. Cette situation lamentable n'est pas due essentiellement à la langue d'instruction mais bel et bien du niveau des étudiants venant des lycées sans aucun bagage indispensable à cette « aventure de grande haleine » qu'est l'enseignement supérieur, de la médiocrité des enseignants du supérieur, qui parfois dans certaines Facultés le nombre de vacataires, sans bagages universitaires de haut niveau, frôle les 80% de l'effectif des enseignants et l'incompétence de beaucoup de gestionnaires bureaucratiques des Universités.

3. LA BUREAUCRATISATION DU SAVOIR

La gestion de l'Université est devenue trop bureaucratique. Tous les locaux disponibles dans une université sont réservés à une administration pléthorique qui envahit l'espace scientifique, pédagogique et social. Même le pédagogique est pris d'assaut par des gens qui ne réfléchissent plus mais excellent dans le zèle et le mépris du corps enseignant. Ce n'est plus l'enseignant qui décide du moment d'examiner ses étudiants mais l'autorité de l'administration qui ne participe même pas à la pédagogie. Durant le second semestre de l'année universitaire, nous passons plus de temps aux examens et aux surveillances, qu'à donner des cours magistraux pour inculquer un savoir. Pour chaque module, deux examens sont prévus, une EMD et un rattrapage. Pour illustration, après le retour des quinze jours des vacances d'hiver du 19 Décembre 2013 au 05 Janvier 2014, des EMD ont été programmées pour la période du 21 Janvier au 05 Février 2014. Les étudiants ont fui les amphithéâtres et les salles de cours une semaine avant cette date. A l'échéance des EMD, ils n'ont regagné les salles de cours qu'une semaine après sous le motif qu'ils étaient épuisés par les examens. Une reprise a eu lieu effectivement à partir du 15 Février. Un examen de rattrapage a été programmé une semaine avant le départ en vacances de printemps soit durant la semaine du 15 Mars au 20 Mars 2014. Même stratégie adoptée par les étudiants qui ont fui les cours à partir du 10 Mars pour une ultime « révision des cours ». Les vacances du printemps ont lieu du 20 Mars au 05 Avril 2014. Une reprise des cours et un break de quelques jours a eu lieu pour pouvoir « voter ». L'arrêt des cours est fixé pour la fin du mois de Mai. Que des examens inutiles durant tout le mois de Juin. Qu'a-t-il eu comme savoir, notre étudiant ? Il suffit de décompter le nombre de jours restants pour conclure que les mondes universitaire et éducatif ne travaillent pas.

4. L'HISTOIRE EST CYCLIQUE

Tout ce qui arrive une fois peut ne plus jamais arriver. Mais tout ce qui arrive deux fois arrivera certainement une troisième fois. On dit souvent que l'histoire est cyclique ou se répète. Dans cet article [3], il est écrit que : « … Se réjouissant “du niveau remarquable des relations entre les deux pays”, la ministre française révèlera que la France accueille annuellement 5000 étudiants. Aujourd'hui, la France compte pas moins de 24 000 étudiants algériens. La France est le troisième pays qui accueille 90% d'étudiants étrangers dont 10% venant d'Algérie, soit la 3e communauté estudiantine en France”, note Mme la Ministre française de l'enseignement supérieur…. La France permet d'ailleurs aux doctorants ayant fini leurs études le droit d'y prolonger d'une année leur séjour pour y travailler … Nous souhaitons pouvoir recevoir plus de 5 000 étudiants par an mais nous voulons aussi développer des formations ici en Algérie ». Un internaute anonyme se posait la question de savoir comment peut-on qualifier une présence juvénile de 24000 Etudiants en France? Et peut-être ils sont parmi les meilleurs étudiants algériens. C'est de la «déportation» humaine, même Staline ne l'a pas fait pour les originaires algériens. C'est du pillage pédago-scientifique envers les jeunes algériens. Non, il faut donner les moyens de les former ici en Algérie ou au moins assurer leur retour au pays. Les bourses FAD, formation à distance, entrecoupées en semestres de présence en France sont un garant au retour de ces jeunes. L'absence du sentiment du devoir envers le pays est criarde. Les algériens sont devenus ingrats et égoïstes. Le mal est profond! Des concitoyens algériens, concitoyens que par la nationalité d'origine, viendront de l'Etranger par « vols réguliers » des grandes capitales du Monde, Paris, Londres, Madrid, Montréal, Boston… Ils sont tous munis de la double ou triple nationalité des pays de leur accueil et de résidence. Ils sont bardés de diplômes supérieurs, sont compétents puisqu'ils ont reçu leurs instructions dans les écoles supérieures, les HEC, le Ecoles d'ingénieurs de type Supelec… Notre progéniture leur servira d'esclaves ou de « khamassas scientifiques» puisqu'elle est inculte, analphabète, illettrée, a reçu une très médiocre éducation et ne maitrise rien. Beaucoup parmi les 24. 000 étudiants de France ne sont que les enfants « chéris » de la Nomenklatura, des cadres supérieurs de l'Etat, des nouveaux riches, des corrompus qui ont pillé l'Algérie, les binationaux, etc. Nos étudiants doivent avoir un cerveau qui pense et non un servo et ne doivent pas être des serviles. Il faut faire de la vraie formation professionnelle. Leur niveau a été déjà brossé ci-dessus.

CONCLUSION :

En Algérie, une sortie de crise possible est l'emploi massif d'universitaires compétents, plutôt que de hauts fonctionnaires conservateurs. Tout le monde convient que la ressource humaine est la seule intarissable. Investissons dedans grandement. Le salut des jeunes devrait être recherché dans une vraie alphabétisation de la masse. Un peuple instruit est un peuple développé. Ces derniers jours, dans les quotidiens nationaux, les intervenants sur le LMD ne sont que des recteurs et vice-recteurs des universités. Les rapports à la direction pédagogique ministérielle doivent être faits par les enseignants eux-mêmes et non par ces responsables. Cela éviterait que ne s'y introduisent des motifs de diversion et des interprétations fausses. Les Universités algériennes ne dispensent pas un enseignement pragmatique et utilitariste. La mise à niveau de l'enseignement supérieur doit constituer une priorité affirmée de l'Etat. L'indépendance de notre pays n'était pas suffisante pour rendre notre nation heureuse. Le pétrole et le gaz, qui sont consommés localement et qui s'exportent du pays sans en irriguer l'économie ne peut être qu'une malédiction ou une souffrance pour les algériens. La richesse accumulée qui conduit sûrement à la destruction d'une nation ne lui est d'aucune utilité.

Références

1 Pierre Daum. Intrigues pour le pouvoir dans l'ombre d'un président diminué. Tout ce qu'ils nous proposent, c'est de devenir flics ! Le Monde diplomatique –Avril 2014, pp.8-9.

2 Liès Mairi. Faut-il fermer l'université ? ENAL, 1994.

3 Malka Ben. La ministre française de l'enseignement supérieur en visite à Alger. De nouveaux accords de coopération signés. Mardi, 21 Janvier 2014, Actualité, p05. http://www.liberte-algerie.com/actualite/de-nouveaux-accords-de-cooperation-signeslaministre-francaise-de-l-enseignement-superieur-en-visite-a-alger-214321

* Universitaire 

mardi 6 mai 2014

Gouvernement Sellal 2 : 12 nouveaux ministres, six femmes et Hamid Grine à la «Com»

Gouvernement Sellal 2 : 12 nouveaux ministres, six femmes et Hamid Grine à la «Com»
par Yazid Alilat
Arrivée de 12 nouveaux ministres au nouveau gouvernement qui compte dorénavant six ministres femmes. Beaucoup de changements au sein du nouvel exécutif dirigé par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Et des surprises, à l'arrivée comme au départ. Les ‘'cadres'', détenteurs de postes de souveraineté sinon de secteurs sensibles, comme Youcef Yousfi, sont tous restés à leurs postes, comme le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire, le chef de la diplomatie, Ramtane Lamamra, ou le ministre de l'Intérieur, Tayeb Belaïz, qui rempile alors qu'on le disait partant. Tayeb Louh (Justice), Ghoul (Transports), Nouri (Agriculture) ou Necib (Ressources en eau) ont gardé leurs postes également. Pas de changement de ce côté-ci, les détenteurs de ces portefeuilles ayant des missions techniques avec des projets en cours de réalisation, au même titre d'ailleurs que le ministre de l'Habitat, Abdelmadjid Tebboune, avec ses programmes AADL. La grande nouveauté du gouvernement Sellal (2), dont l'annonce a été faite hier pour ne pas trop faire attendre le landerneau politique algérien, qui s'impatientait, est sans conteste l'arrivée de jeunes cadres, dont le nouveau détenteur du portefeuille du ministère de la Communication, Hamid Grine, journaliste sportif, écrivain et directeur de la communication chez un opérateur de téléphonie mobile. L'autre (semi-nouveauté) est le retour à son poste de M. Abdelkader Messahel, celui des Affaires magrébines et africaines. Il est patent que M. Messahel ne pouvait trop s'éloigner des grands dossiers de l'actualité maghrébine et africaine. Les nouvelles arrivées, il y en a bien sûr, comme celle de Nouria Zerhouni (Tourisme) qui a fait ses classes au sein du ministère de l'Intérieur et notamment comme chef de l'exécutif dans plusieurs wilayas, dont Mostaganem et Tipaza. Au chapitre des départs, on notera la fin de fonction de Khalida Messaoudi, remplacée au département de la Culture par Nadia Labidi (docteur en arts du spectacle et cinéaste), alors que les rumeurs qui parlaient d'un départ certain de Mustapha Benbada du Commerce se sont avérées justes. Il a été remplacé par le chef du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, qui échange son poste de ministre de l'Industrie avec Abdeslam Bouchouareb, directeur de la communication de la direction de la campagne de Bouteflika. Il y a également le départ de Karim Djoudi, qu'explique surtout son état de santé, et remplacé par le ministre chargé du Budget, Djellab, ex-PDG du CPA. Mohamed Benmeradi part lui également du ministère du Travail et est remplacé par Mohamed Ghazi, en charge de l'amélioration du service public, un poste gommé par Sellal. Si le ministre de la Santé, de la Population et la Réforme hospitalière, Abdemalek Boudiaf, conserve par ailleurs lui également son poste, on notera l'arrivée de Mounia Meslem (ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme), de Khelil Mahi, député et président de la commission des finances (Relations avec le Parlement) et, surtout, de deux nouveaux ministres, des Moudjahidine, Tayeb Zitouni (fils de Chahid) et Mohamed Aïssa (cadre au ministère des Affaires religieuses) aux Affaires religieuses et des Waqfs, et d'une femme comme nouveau ministre de l'Education nationale, Nouria Benghebrit. Les valses hésitations de l'ancien détenteur du poste, avec des grèves cycliques dans le secteur, auraient apparemment eu raison de lui et accéléré son départ. La seconde grande surprise est le retour au gouvernement de Abdelkader Khomri (Jeunesse), qui avait occupé ce poste. Khomri était ambassadeur d'Algérie en Pologne jusqu'à l'annonce hier de sa nomination au ministère de la Jeunesse. Il avait également occupé le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports. En tout, le nouveau gouvernement Sellal enregistre l'arrivée, comme le départ, de 12 ministres et deux ministres délégués (Prospective et Tourisme et Artisanat). On notera d'autre part l'arrivée d'un autre wali, Abdelkader Kadi, au ministère des Travaux publics, en remplacement de Farouk Chiali. Enfin, Mohamed Tahmi (Sports), Zohra Derdouri (Poste et TIC) et Sid-Ahmed Ferroukhi (Pêche et Ressources halieutiques) gardent également leur poste. Le PM, sitôt chargé de former un nouveau gouvernement par le président Bouteflika, avait effectué de larges concertations, notamment avec des partis politiques, dont le FFS et le PT. Ces deux partis, selon leurs secrétaires généraux, avaient été sollicités pour entrer au gouvernement, mais avaient décliné l'offre de M. Sellal. Enfin, ont été également nommés Hadji Baba Ammi (ex-DG du Trésor), ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé du Budget et de la Prospective, et Aïcha Tagabou (la plus jeune, 35 ans), ministre déléguée auprès du ministre du Tourisme et de l'Artisanat, chargée de l'Artisanat. 

L'Afrique à Washington en août

L'Afrique à Washington en août
par Abdelkader Djebbar
Sans attendre la confirmation de la participation de Abdelaziz Bouteflika au prochain sommet Amérique-Afrique à Washington, la Maison-Blanche se prépare à recevoir le président algérien. Aux dernières nouvelles, il semble qu'une délégation algérienne est déjà sur place pour la préparation du séjour du président Bouteflika. Aucune information à ce sujet n'est encore avancée par notre ambassade à Washington.

Tout est mis en branle d'ores et déjà pour réussir le grand événement du mois d'août prochain. Le sommet qui doit regrouper, autour de Barack Obama et de son staff en matière d'économie et de lutte anti-terroriste, les chefs d'État du continent africain sera dominé, selon la Maison-Blanche, par la volonté de «renforcer les liens des États-Unis avec l'une des régions les plus dynamiques» du monde, selon ce qu'a déclaré dans un passé tout récent le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney.

C'est dans cet esprit que Barack Obama a invité 47 dirigeants africains à se rendre à Washington les 5 et 6 août prochains pour un sommet. L'invitation date déjà du début de l'année. Le but sera également de faire «progresser les objectifs de l'administration en matière de commerce et d'investissement en Afrique [et] mettre en évidence l'engagement des États-Unis envers la sécurité de l'Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants.» Le principe de ce sommet était acquis depuis la tournée africaine de Barack Obama en juin de l'année dernière.

Selon les «us et coutumes» de la Maison-Blanche, «une invitation est faite à titre personnel et n'est pas transférable» quel que soit le rang de «l'éventuel héritier». Bouteflika doit donc répondre en personne au vœu exprimé par le chef de la Maison-Blanche. À défaut de quoi, elle est caduque» d'après des experts américains de l'entourage du président américain. Mais, il n'y a que l'exception qui confirme la règle, dit le vieil adage. Reste au président algérien de trouver les moyens physiques pour le déplacement outre Atlantique qui ne sera certainement pas une sinécure si l'on tient compte du protocole en de pareilles circonstances. Des circonstances qui ne sont pas des moindres. Et pour cause...

Le sommet sera essentiellement consacré à l'économie, avec ses corollaires, toujours cités par Barack Obama, la sécurité et la démocratie. Et quand on parle sécurité, ce n'est vraiment pas pour «juste épiloguer face aux menaces terroristes» en Afrique et partout ailleurs dans le monde».

Depuis dimanche donc, on souligne déjà la présence à Washington, d'une délégation algérienne chargée de préparer la participation du président Bouteflika à ce sommet Amérique-Afrique. Mais aucune information officielle n'est avancée du côté algérien. On précise déjà dans les milieux politiques américains que notre délégation aura, pendant trois jours, des entretiens avec des responsables de la Maison-Blanche et du département d'Etat chargé de la préparation du sommet.

Barack Obama, on s'en souvient, avait accueilli à la Maison-Blanche plus d'une centaine de jeunes Africains lors d'un sommet informel en 2010, pour le 50e anniversaire de l'accession à l'indépendance de 17 pays d'Afrique. Lors de cette rencontre, le président avait exhorté ces jeunes à enraciner les principes démocratiques dans leurs pays respectifs. 

mercredi 30 avril 2014

Commerce : 85% du chiffre d'affaires dissimulés échappent au fisc,

Commerce : 85% du chiffre d'affaires dissimulés échappent au fisc
par El-Houari Dilmi
«Plus de trois cent mille interventions et 2844 prélèvements d'échantillons aux fins d'analyse ont été effectués durant le premier trimestre en cours au titre du contrôle de la qualité, des prix et des pratiques commerciales et de la répression des fraudes», a indiqué hier mardi le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce, M. Abdelhamid Kahnoune, au micro de la Chaîne 3 de la radio nationale.

« Tous ces contrôles en plus des neuf mille déterminations par des instruments de mesure qui ont également été effectués par les services du ministère du Commerce durant la même période se sont soldés par la découverte d'un chiffre d'affaires illicite de 11,6 milliards de dinars et l'établissement de 46.600 procès-verbaux d'infraction», a révélé l'invité de la radio. Le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes a tenu à préciser que le montant faramineux de 11,6 milliards de dinars «ne représentait en réalité que 10 à 15% du chiffre d'affaires global dissimulé dans le seul segment du contrôle des prix et des pratiques commerciales». Ce qui veut dire que 85 à 90% du chiffre d'affaires dissimulées échappent au fisc.

A une question sur les mesures à prendre pour lutter contre ces pratiques illicites, M. Abdelhamid Kahnoune a d'abord pointé du doigt la déstructuration du réseau de distribution en plus de la désorganisation des activités commerciales, défaillances que les pouvoirs publics sont en train de corriger en mettant en application la loi 04-08 sur les pratiques commerciales et la loi 04-02 sur les activités commerciales». «Près de 2900 locaux commerciaux ont été fermés durant le premier trimestre de l'année en cours avec des propositions de retrait définitif du registre de commerce formulées auprès des tribunaux», a encore indiqué l'invité de la radio. Les effectifs d'agents de contrôle «sont actuellement à plus de dix mille fonctionnaires alors qu'ils étaient 2500 seulement en 2009», a encore expliqué M. Abdelhamid Kahnoune, ajoutant qu'une moyenne de 1,2 million d'interventions sont effectuées chaque année. Avec une projection sur une année pouvant atteindre les 50 milliards de dinars de transactions commerciales illicites, le DG du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce a imputé ce phénomène à la volonté d'un nombre important de commerçants qui veulent se soustraire au paiement de l'impôt. Concernant le contrôle de la qualité des produits alimentaires vendus sur la voie publique, l'invité de la Chaîne 3 a affirmé que 6173 contrôles liés aux conditions d'hygiène et de salubrité ont été effectués durant le premier trimestre de l'année 2014. Au sujet de l'importation des produits pour la revente en l'état et le délai de délivrance du certificat d'importation, M. Abdelhamid Kahnoune a expliqué que le décret 13-141 du 10/04/2003 modifiant et complétant le décret 05-458 fixant les modalités d'exercice de activités d'importation de matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l'état est entré en vigueur le 23 avril dernier, avec des facilitations mises en place par le ministère du Commerce pour ne pas bloquer les marchandises à leur entrée en Algérie et, du coup, assurer un approvisionnement du marché national à la veille du mois de ramadhan. «Ces facilitations ne concernent que les 23.000 importateurs des produis destinés à la revente en l'état», a tenu a préciser M. Abdelhamid Kahnoune, ajoutant que le nombre d'importateurs en activité était de 23.258 au 31/03/2014 sur 42.000 registres de commerces déclarés, sachant que la durée de validité d'un registre de commerce pour l'importation de produits destinés à la revente en l'état est d'une durée de deux années renouvelables», a-t-il indiqué. Le réseau de la grande distribution en Algérie et la promotion de la consommation des produits locaux ont été les autres points débattus par l'invité de la Chaîne 3. 

jeudi 6 mars 2014

Université : la direction de la recherche fait-elle fausse route

Université : la direction de la recherche fait-elle fausse route ?
par Ali Derbala *
Dans nos universités et au ministère de tutelle MESRS, avec ses différentes directions, les discussions pédagogiques et scientifiques n'existent pas et si elles existent, elles prennent la forme d'une véritable lutte.

Lors de la CUN 2013, l'auteur a essuyé un avis défavorable à sa nomination au grade de professeur de mathématiques sous les motifs que son article n'est pas publié dans une revue de renommée et n'est pas de spécialité mathématiques. Par e-mail ou courriel, dans un fichier pdf dénommé «publist... sciex», une liste de revues du bouquet scientifique Thompson-Reuters est diffusée électroniquement par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, la DGRSDT.  Seulement, cette liste est incomplète et des revues de bonne qualité y manquent et ne sont pas citées (1). Cette liste de revues a été imposée d'une façon «autoritaire» à la communauté scientifique sans qu'aucun débat ne s'est installé dans nos universités, sauf dans une où seulement la liste a été entérinée, celle de Boumerdès et où la rencontre le 09 Décembre 2013 a eu lieu. Il y a lieu de rappeler que c'est dans cette même université UMBB que le système pédagogique LMD a été introduit pour la première fois en 2003 ou 2004. Les conséquences de cette aventure de longue haleine, de 10 à 11 ans de LMD, se font encore sentir.

LA FORMATION DES MATHEUX

La formation des matheux exigeait d'eux une connaissance à peu près universelle des divers domaines de la mathématique telle l'analyse, la géométrie, la mécanique, l'algèbre et les probabilités. L'avènement de la mathématique « moderne» a entrainé, non seulement le morcellement des champs du savoir, mais l'abandon de parcelles entières. Des pans non négligeables de la mathématique du XIXe siècle sont aujourd'hui exclus du bagage de la plupart des matheux. Les zones de compétence disparaissent-elles pratiquement telle la géométrie et la mécanique. Les matheux ne connaissent presque plus la mathématique à fortiori ils ne savent rien de la science. L'idée d'une «culture mathématique», d'une «méthode mathématique» ou d'un «esprit de mathématicien» est devenue une fumisterie. De nos jours, des professionnels de mathématiques existent mais Il n'ya plus de mathématiciens. Aucun matheux ne fait ou n'applique ou n'est en mesure d'élaborer des mathématiques de Cauchy, de Gauss, de Riemann, de Lebesgue, de Lobachovsky, etc. Cauchy domina les mathématiques françaises à partir des années 1820 jusqu'à sa mort. Il est un des principaux fondateurs de l'analyse mathématique telle qu'elle est enseignée aujourd'hui. Gaspard Monge donnait des cours de géométrie descriptive et a fait éclore encore une fois l'école française de Géométrie.           Aucun matheux algérien n'est en mesure de calculer des surfaces comme le faisait Euclide, faire de la géométrie du temps de Platon. La recherche en mathématiques y était de caractère essentiellement individuel, à la fois manuel et intellectuel.           Les mathématiciens algébristes, analystes, probabilistes, RO-istes et mathématiciens appliqués, se répartissaient en une hiérarchie essentiellement fondée sur la reconnaissance mutuelle des mérites, ils étaient dispersés et relativement isolés, faiblement institutionnalisés. La division du travail s'est imposée; division en disciplines de plus en plus cloisonnées et même en sous-disciplines: la mathématique n'existe que comme conglomérat de spécialités : fractales, théorie des graphes, ordonnancement, fiabilité, processus stochastiques, théorie des nombres, analyse mathématique, EDP, EDO, codage-décodage dans les transmissions, théorie des groupes, algèbre linéaire, etc.

LA RECHERCHE OPERATIONNELLE FAIT-ELLE PARTIE DES MATHEMATIQUES ?

A l'USTHB, le département de la RO, recherche opérationnelle, est domicilié à la Faculté de mathématiques. Cette dénomination de «Faculté de mathématiques» n'est pas encore reconnue dans l'organigramme des Facultés d'une université algérienne. L'auteur est spécialiste en Recherche Opérationnelle, une discipline des mathématiques modernes, et non des mathématiques archaïques. La mathématique moderne a favorisé la hiérarchisation et l'esprit d'élite au nom d'une science présentée comme intrinsèquement difficile, accessible à quelques privilégiés. La géométrie, l'algèbre, la théorie des nombres etc. sont des mathématiques qui ne se font plus à la «main». Les mathématiques sur du «papier» ne donnent aucun «essor à la recherche» et cela depuis plusieurs siècles. Tout s'élabore par des résolutions algorithmiques, telle l'équation de Fermat qui date de plusieurs siècles et que sa résolution n'a été possible que par l'utilisation de gros ordinateurs. Tout est devenu «calcul formel», un calcul fait par les ordinateurs. Peut-on dire à Benoit Mandelbrault, éminent mathématicien français, qu'il ne fait pas de mathématiques ? Les «fractales» ne sont que la résolution d'une équation simple, itérative ou récurrente. Cette résolution se fait par l'application d'un algorithme et à l'aide des ordinateurs. L'auteur s'intéresse aux problèmes d'ordonnancement. Ces problèmes se modélisent comme ceux de l'optimisation combinatoire où il faut optimiser une ou plusieurs fonctions objectifs (multi-objectifs) sous des contraintes imposées par le milieu où se fait l'étude. Parfois cet objectif ne peut même pas être défini.

Ces problèmes sont appelés en analyse mathématique les problèmes des «extrêmats liés». Les «extrêmats liés» ne font-ils plus partie du calcul différentiel ? Les solutions à ces problèmes n'existent que dans des cas très lisse, idéal, parfait, chose qui est en général impossible même dans la «nature». Faute de solutions analytiques exactes, des chercheurs se lancent à la détermination de quelques solutions, parfois même en se contentant d'une solution approchée. Cette résolution approchée s'appelle détermination de solutions par une «heuristique» ou une «Métaheuristique».

L'article en question est publié dans la revue IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristics and Computing (2).

En analyse mathématique, faute de solutions bien caractérisées et faciles à déterminer, la résolution des problèmes se fait souvent à l'aide de l' «analyse numérique», des procédés algorithmiques et itératifs.

DE LA RESPONSABILITE DANS LA RECHERCHE EN MATHEMATIQUES

Aujourd'hui, on trouve dans la recherche mathématique (et même dans les autres spécialités telle la médecine…) des directeurs de laboratoires qui se comportent comme des «patrons» ou des «boss» (pour ne pas les qualifier de Mandarins) qui consacrent la plupart de leur temps à des fonctions administrative et politique générale, membres de la CUN, membres des commissions de projets de recherche, des projets pédagogiques, ayant souvent perdu tout contact réel avec la recherche, mais présentant dans les congrès les résultats de «leurs» chercheurs, cosignant des articles qui parfois ne connaissent même pas leur contenu. Certes, certains sont des «chercheurs confirmés» qui organisent le travail, répartissent les tâches, surveillent leur exécution et sont souvent les seuls à avoir une idée claire du projet en cours. Ils dominent et mènent une » hégémonie totale «sur les jeunes ou futurs chercheurs. Il n'y a plus aucune unité sociale du milieu scientifique, mais d'aigus conflits d'intérêts en son sein (1). Les articles scientifiques comportent de plus en plus de signataires. Les théoriciens ne font qu'améliorer progressivement une idée largement commune. Plus un article est obscur, illisible et difficile à lire, plus il a des chances d'être publié. En mathématiques par exemple, si vous écrivez soit «f» une application de l'ensemble de nombres réels à valeur dans l'ensemble des entiers naturels, vous ne risquez pas d'être publié car l'application est dite «élémentaire». Mais si vous écrivez soit «f» l'application définie sur le «bord» de l'intérieur de l'adhérence d'un demi-espace ouvert à hyperplan d'appui tangent en un segment d'un espace de Sobolev muni de la norme LP à valeurs dans une variété linéaire de dimension « n-1» plongée dans un «Tore», là on dira que c'est des mathématiques… Une chose impossible à réaliser. Vous ne pouvez même pas imaginer de quel genre d'applications en est cette «f». Une «escroquerie monumentale» quoi !

DEMOCRATISER OU REDEPLOYER LA DGRSDT

Le plus urgent est de démocratiser la DGRSDT, cette institution de recherche. Récemment, un redéploiement de ses responsables s'est effectué où le «directeur de la recherche» a été semble-t-il remercié.

Son site Web est toujours en construction. Aucun «appel à candidature» n'a été lancé pour occuper ce poste et d'autres postes au niveau de cette direction.

De ma recherche sur Internet, j'ai retrouvé que certains directeurs et sous directeurs de la recherche ont cosigné des articles avec le DG, un scientifique à CV bien fourni. Les directions et priorités de l'activité scientifique sont déterminées à un niveau de l'appareil d'organisation sociale toujours plus élevé, et toujours plus éloigné des lieux du travail scientifique, soit l'université. Son «siège» doit être « tournant», domicilié dans le laboratoire ou l'université algérienne la mieux classée et non sur les «hauteurs d'Alger», à 200 m de «Makam El Chahid» avec une vue très agréable et imprenable sur la «baie d'Alger» à El Mouradia.

Dans un esprit américain, celui de «Ongoing Research» (recherche continue), le DG de la DGRSDT doit être le directeur du laboratoire algérien qui a réalisé le meilleur classement de son institution et non celui qui a le meilleur Curriculum Vitae.

Conclusion

Des déconsidérations envers les «Anciens» enseignants-chercheurs sont constatées. Je suis pour une nomination «au cas par cas» au grade de professeur des universités.

La dévalorisation de l'enseignement supérieur est donnée par les critères de nomination aux grades de maîtres de conférences et professeurs. Il ne suffit pas seulement de deux articles scientifiques et l'encadrement de deux masters ou magisters ou doctorat pour être nommé Professeur. Le Professeur doit disposer d'une «chaire» (de nos jours, une spécialité en master et doctorat) où il dispense sa recherche sous forme de cours spécialisés. A l'université algérienne, seuls les qualités de chercheurs sont prises en compte, et rarement leur valeur pédagogique.

De ce fait, certains professeurs ne savent pas parler, ils ne communiquent pas. Pire, beaucoup parmi eux ne savent pas lire couramment un texte. De là à écrire une requête ou un article de vulgarisation de leur spécialité, c'est une «montagne à soulever». Comment ceux qui ont le pouvoir d'une commission ministérielle font-ils accroire qu'ils sont du côté de la réalité, de l'objectivité et de la raison ? Beaucoup de matheux sont dépossédés de toute maitrise de leur activité, n'ont plus ni contrôle, ni compréhension de son sens.

Sait-on que 95% des articles scientifiques ne sont jamais cités dans la littérature ultérieure ? Dans leurs articles, les matheux ne veulent plus citer certains de leurs pairs.

La perte de contrôle est l'anarchie de la publication scientifique, inflation d'articles, de qualité souvent médiocre ou de sujets de mathématiques sans intérêt, sans aucun impact autre que de garantir la position de leur auteur. La reconnaissance individuelle est souvent externe et extérieur à la créativité scientifique. Elle tient souvent au bon réseau de «relations».

* Universitaire

Références

1. Ali Derbala. De l'aventure du LMD en pédagogie.

Le Quotidien d'Oran, Débat, Dimanche 09 février 2014, p.05.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5193961

2. Mohamed Messaoudi-Ouchene et Ali Derbala (2013). A modified ant colony

algorithm to the P? prec? Cmax scheduling problem: A comparative study. IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristic Computing. July-September 2013, vol.

4, N?. 3, pp. 65-74. http://www.igi-global.com/article/a-modified-ant-colonyalgorithm-to-the-p-prec-cmax-scheduling-problem/96933

dimanche 9 février 2014

De l'aventure du LMD en pédagogie

De l'aventure du LMD en pédagogie
par Ali Derbala *


Lors de la réunion de la CRUC (Conférence régionale universitaire Centre), du 9 décembre 2013 qui a eu lieu à l'UMB Boumerdès, dans le procès-verbal de la réunion, dans son paragraphe 2 intitulé Soutenance de doctorat et Habilitation universitaire, des débats sur les catégories de journaux scientifiques se sont installés.

Deux responsables de la DGRSDT ont donné des informations et des éléments de réflexion afin de mieux guider le chercheur. On peut lire aussi que 251 micro-domaines sont répertoriés dans le Web of sciences qui est un bouquet se trouvant dans Thomson Reuters [1]. Cette catégorisation n'est pas encore publiée mais elle est effective ou appliquée pour sanctionner de brillants chercheurs.       Deux doctorants de notre département de mathématiques n'ont pas reçu l'autorisation de soutenance et un Maitre de conférences classe-A n'a pas été nommé Professeur alors qu'il remplit toutes les conditions requises [2]. Pourquoi nous-impose-t-on ce bouquet scientifique? En effet, s'il faut appliquer les recommandations de cette conférence pour les travaux antérieurs, il faut revoir les nominations de tous les MC-A et les professeurs. Les chercheurs ne sont pas impliqués dans la conception de cette base de données, sa planification et son implémentation.

Ce bouquet ne peut pas répondre aux aspirations actuelles de nos chercheurs et doctorants [3]. Les responsables des universités et les chercheurs vont mettre en œuvre cette base parce qu'elle est introduite d'une manière autoritaire.

THOMSON REUTERS : UN BOUQUET SCIENTIFIQUE DOMICILIANT WEB OF SCIENCE

Sous l'égide du MESRS, la DGRSDT a donné une catégorisation des revues scientifiques en un nombre au moins de huit. Thomson Reuters est d'origine américaine et capitaliste. Avec ce qui se dit et s'est dit sur la fameuse agence d'espionnage scientifique sur Internet et les communications la « NSA», il me semble qu'il faut être un peu prudent et vigilant. Depuis mes classes de lycée dans les années 73, dans tous les journaux d'Etat de l'époque tels El Moudjahid, Algérie-actualité etc., on n'a cessé de dénoncer l'impérialisme américain. On a même écrit dans ces journaux des slogans du genre « Un groupe de jeunes de l'UNJA de Ain El-Fekroun condamne l'impérialisme américain». Pourquoi les responsables actuels de la recherche, les responsables de la DGRSDT ne jurent que par cet organisme ? Aucun débat n'a été installé dans les autres universités scientifiques algériennes sur ce bouquet scientifique. Le même agissement ou la même modalité d'introduction du LMD, un système d'attribution de nouveaux diplômes, se répétera encore une fois en 2014 mais cette fois-ci dans la recherche.          De nos jours, on devient membre de Droit d'une société savante, non pas pour la somme de ses travaux scientifiques réalisés, mais en payant une adhésion (Membership Dues). Pour 2014 et pour adhérer à la société savante, la Société Américaine de Chimie [4], les prix sont de : -Regular or Reinstating Member 4.00 USD, Graduate Student Member .00 USD, First Year Graduate Student Member .50 USD, Undergraduate Student Member Without C&EN .00 USD, With C&EN electronic or print delivery .00 USD et Non-Scientist/Society Affiliate 4.00 USD. Comme mentionné en anglais et en italique, même un non scientifique peut devenir membre de cette société savante. L'exemple de cette American Chemical Society est révélateur des agissements des américains. Payer un article pour qu'il soit publié dans une revue scientifique est un acte répréhensible. L'auteur de l'article dans une revue payante achète sa publication. Ce n'est pas un acte scientifique mais commercial. Aucun discours scientifique dans ces bouquets ou ces sociétés savantes n'est tenu mais seulement des «tractations financières ».

IMPOSSIBILITE DE SOUTENANCE DES DOCTORANTS ET DONC DE NOMINATION DANS LES GRADES SUPERIEURS

Beaucoup de revues de renommée mondiale ne sont pas sur la liste des revues de ce fameux bouquet, surtout les revues des pays de l'Est et même américaines ou australiennes, pour me semble-il une question financière. Les chercheurs de notre département de mathématiques ont publié leurs travaux dans des revues qui ne sont pas sur la liste du fameux bouquet cité. Ils ont publié dans les revues suivantes. A. Discussiones Mathematicae Graph Theory, un journal de théorie des graphes non payant. Il date de 1995, soit 19 ans d'existence. Il est domicilié en Pologne d'où était originaire le grand professeur Bryll, Professeur de logique mathématique à l'USDBlida. Dans l'Editorial Board, j'ai retrouvé et reconnu deux grands chercheurs. Leurs articles étaient ma bibliographie de références et sur lesquels j'ai travaillé mon magister durant les années 1988-1991 sous l'égide du Professeur de renommée mondiale, Pr. Konrad Engel, un allemand de l'université de Rostock, en Allemagne. Il s'agit des professeurs : H.-D.O.F. Gronau (Rostock, Germany) et G.O.H. Katona (Budapest, Hungary), deux grands chercheurs en « Combinatorics». C'est les «Maîtres» de mon «Maître» le Professeur Konrad Engel.

UNE « PUDEUR» S'IMPOSE

B. The Australasian Journal of Combinatorics, Journal qui va devenir à «accès électronique» depuis 2014, gratuit pour publication et lecture. Certes, l'Australie c'est l'autre monde. Il y a des traditions, un autre système scientifique qui n'est pas celui de l'Europe. Il date depuis 1990, soit 24 ans d'existence. Les copies d'articles en papier ne seront plus imprimées.

La publication sera électronique, juste après l'acceptation des articles, l'accès à l'article sera «gratuit» pour tout individu. Cette gratuité de l'article augmentera sa visibilité à travers le monde entier. C'est un journal non payant.

C. AKCE International Journal of Graphs and Combinatorics, les articles acceptés sont arbitrés par les référés de la société de mathématiques Mathematical Reviews (AMS) et Zentralblatt MATH. Ce journal est accepté pour figurer dans SCOPUS. Il n'est pas payant. C'est un vrai journal scientifique, édité par une université et non pas par un groupe financier. Il date de 2004, soit 10 ans d'existence. D. IJAMC, International Journal of Applied Metaheuristic Computing [2, 5].

L'article publié dans cette revue classée catégorie B date de Juillet 2013. Il est antérieur à ce procès verbal. Ce Journal est indexé par plusieurs bases de données telles ACM Digital Library, Bacon's Media Directory, DBLP, Google Scholar, INSPEC, JournalITOCs, MediaFinder, The Standard Periodical Directory et Ulrich's Periodicals Directory. Les revues scientifiques de cette catégorie B proviennent des bases sélectives telle que SCOPUS d'Elsevier, «All databases» de Thomson Reuters (Medline, INSPEC, Biosis...etc) etc… Seulement, ce journal IJAMC n'est pas répertorié dans la liste incomplète de «publist... sciex», une liste de « Science Citation Index Expanded » fournit par la DGRSDT. Comme ils sont partisans du moindre effort, les membres de la CUN 2013, la commission universitaire nationale 2013, n'ont pas fait cet effort de recherche pour réaliser que la revue où mon article est publié, est cotée. Ils se sont contentés de la liste fournit par la DGRSDT. Le journal existe depuis 2010.

Il a déjà quatre années d'existence scientifique. Dans l'Editorial Board on peut lire que le Honorary Editor n'est autre que «Fred Glover» du centre de recherche OptTek, Inc. aux USA, l'inventeur de la métaheuristique «méthode taboue» ou «Taboo search Metaheuristic».

Dans un pays comme le notre, pourquoi faut-il attendre 10 ans pour qu'une revue soit reconnue?      Pourquoi attendre que les feuilles de la revue « jaunissent » pour qu'elle soit reconnue ? La réponse est que dans l' «échelle de la science», les algériens sont à l'«âge de la pierre », âge où il a fallu 300.000 ans pour tailler une pierre, 10.000 ans pour sortir d'une caverne etc.,…10 ans pour accepter une revue… «Normal» comme aiment reprendre nos jeunes ! Ils sont à l'âge de la paléontologie. De ce fait d'omission de porter sur la dite liste « publist...sciex », le journal scientifique Classe B cité ci dessus, eu égard à la somme de mes travaux réalisés depuis ma nomination au grade de MC-A et cela depuis 2004, je demande à Monsieur le Ministre MESRS, de bien vouloir instruire ou appeler à une «CUN 2013 extraordinaire» pour revoir ma nomination et de m'établir dans mon droit absolu d'être nommé au grade de Professeur de mathématiques.

Conclusion

Pourquoi nous-impose-t-on comme bouquet scientifique Thomson Reuters ? Rares sont élus les algériens, de quelques universités algériennes, membre scientifique de ces journaux.

Comment peut-on faire la fine bouche aux quatre revues citées ci-dessus sachant que jusqu'à cette date de février 2014, il n'existe aucune Revue Algérienne de Mathématiques où les chercheurs peuvent publier leurs travaux ?

La recherche en Algérie a été dotée d'un budget d'un milliard de dollars. C'est du Sabotage Scientifique.     La moralité de notre aventure est que la différence de salaire mensuel entre un MC-A et un professeur est en moyenne de 22.000 DA. Empruntant l'expression au chroniqueur Kamel Daoud du journal LQO, un « parkingueur» gagne quotidiennement cette différence de salaire.          C'est une honte, l'Algérie est devenue un pays sans morale, sans vertus, sans valeur humaine mais à valeur matérielle.

Voilà comment raisonnent les intellectuels algériens. D'autres professeurs algériens ont subi les agissements néfastes de leurs assistants ou de leurs anciens étudiants. Feu le Professeur sociologue Djamel Guerrid de l'université d'Oran a reçu un avis défavorable pour son projet PNR, cet avis n'était pas motivé et était donné par ses ancien(ne)s étudiant(e)s.

La professeure Nacira Zellal, de l'université Alger 2, a été spoliée de ses travaux et de ses projets de recherche dans l'orthophonie par ses ancien(ne)s étudiant(e)s.

L'un des professeurs qui a présenté à Boumerdès [1] cette catégorisation n'est autre qu'un de mes anciens assistants d'algèbre dans les années 90.

Ça doit suffire cette «bêtise humaine» purement imaginée car plusieurs fois dans les journaux, j'ai dénoncé une gestion bureaucratique de la recherche et sa 7.

* Universitaire

Halte à la bureaucratie dans la gestion des laboratoires de recherche en Algérie. El Watan, en deux parties. -Mardi 01 Décembre 2009, Rubrique : Idées-Débats, p.22. http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dans-la-Mercredi 02 Décembre 2009, http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dansla,144697 

dimanche 2 février 2014

L'évaluation et la qualité à l'université en question(s)

L'évaluation et la qualité à l'université en question(s)
par Rachid Brahmi
Vu la baisse sensible du taux de réussite au Bac 2013, l' accroissement notable du nombre de mentions supérieures à 12 et un programme moins délesté par les grèves ou ce fameux seuil dit «3ataba», le tout comparé aux sessions des trois précédentes années, les enseignants universitaires seraient rassurés quant aux acquis de leurs nouveaux étudiants qui devraient leur permettre de suivre une formation de meilleure qualité.

L'université aura ainsi, un flux estudiantin moins aigu que prévu, donc plus gérable. La thématique de la qualité, succinctement évoquée dans cette contribution, et ayant déjà fait l'objet de maintes réflexions, constitue un prolongement à l'article de A. Derbala(1).

 Par ailleurs, neuf ans après la mise en place de la réforme «LMD» par les établissements d'enseignement supérieur, la première réflexion nationale devant déboucher sur des actions concrètes, en rapport avec l'évaluation et la qualité, date à notre connaissance, d'au moins six années, puisqu'un colloque international, tenu à Alger(2) avait débattu de thèmes sur l'Assurance qualité, l'évaluation et la gouvernance universitaires, une rencontre où il a été très probablement élaboré, moult recommandations. Plus récemment, en octobre 2010, l'agence APS, rapporta, lors d'un entretien accordé à des responsables que «la rentrée universitaire aura pour slogan «la qualité des enseignements» et ceci, à travers le coup d'envoi de l'opération d'évaluation nationale des universités pour «garantir un enseignement de haut niveau qui réponde à des normes internationales».»  

Avant de nous interroger sur un état des lieux en Algérie, reprenons brièvement, pour mieux cadrer la problématique, quelques aspects gravitant autour de la notion de qualité (3). Aujourd'hui, la qualité de tout service, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, est un concept mesurable, donc quantitatif. Soulignons que la première série des normes ISO (4) pour les services, date de 1979. Selon une définition, l'assurance qualité dans l'enseignement représente « les moyens par lesquels un établissement peut garantir avec confiance et certitude, que les normes et la qualité de l'enseignement qu'il dispense soient maintenues et améliorées ».

La démarche qualité obéit à des procédures précises telles l'audit, l'accréditation et la certification. Les critères d'évaluation sont aussi bien internes qu'externes à l'organisme de formation. Conformément à l'article 11 de la déclaration mondiale de l'ONU, nous sommes amenés à évaluer tous les éléments concourant à la qualité de la formation dont les enseignements, les programmes, la recherche, les ressources humaines, les infrastructures, les équipements ... L'évaluation est multiforme, régulière, faite avec le consentement des acteurs en présence (étudiants, enseignants, personnel technique et administratif...) , les procédures d'évaluation étant évaluées à leur tour afin d'améliorer les processus itératifs (5) .  

En outre, convenant que les libertés académiques ont une influence majeure sur la gestion de la qualité, l'Unesco (6) établissait en 2005 des lignes directrices destinées à toutes les parties prenantes de l'enseignement supérieur, des pays de l'OCDE ou ceux du processus de Bologne. Précisons aussi, que la publication du rapport de Jacques Attali et ses collaborateurs, un document(7) à l'origine du système LMD, préconise une évaluation systématique, efficace et transparente des établissements et des enseignants, puis relève que la réussite du projet est une mise en œuvre entre les Etats, les institutions et les partenaires (syndicats, enseignants, personnel technique et administratif, étudiants..).

A cet effet, la rencontre de Salamanque en mars 2001 avait réuni 300 institutions européennes en créant l'EUA (European Universities Association) et note que «l'autonomie universitaire est une condition nécessaire» pour asseoir une réforme et «l'Assurance Qualité est la clé du succès ». Des comités de suivi rassemblant des syndicats d'enseignants, d'étudiants et des représentants des établissements ont été mis en place pour « étudier l'application des textes, conduire des réflexions sur divers domaines, analyser les démarches d'innovation et assurer le bilan des procédures d'évaluation ».

Débarquons maintenant dans nos universités , pour tenter de voir ce qu'il en est ressorti, en matière de différentes évaluations, neuf années après la mise en place du LMD, suivi du colloque international d'Alger de 2007, ses recommandations, et après l'annonce des responsables du secteur , en 2010, tout ceci en vertu de ce qui a été évoqué plus haut, comme procédures, outils, recommandations , opérations et lignes directrices. Soulignons, pour l'illustration, qu'un sondage est l'une des techniques d'exploration, une méthode statistique d'analyse(8) qui fait partie des outils d'évaluation, ou simplement dit, un questionnaire. Il est alors plus aisé et plus direct, de faire un tour d'horizon de la question, sous forme de questions.

Alors a-t-on procédé à une évaluation des démarches qualité, dans nos universités ? Ceux qui décident ont-t-ils lancé un sondage, par évaluation externe, pour trouver une réponse à la question précédente? En supposant maintenant, que nos gestionnaires surplombent les diverses étapes, dotés qu'ils seraient, des outils s'y afférents, qu'en est-il des enseignants, quant à leur implication? Comment et pourquoi? A-t-on suffisamment sensibilisé, informé, formé, mobilisé, associé les divers partenaires? Quand cela, comment et pourquoi? A-t-on instauré un système continu d'évaluation interne? Quand ça, sinon pourquoi? La communauté universitaire a-t-elle seulement une idée, même vague, de ces notions qu'on appelle les processus d'amélioration continue, l'accréditation, la certification, les outils statistiques, l'analyse des données et autres? Sinon pourquoi? Où en est-on au niveau de la Traçabilité des multiples données? Comment et pourquoi? Où en est-on pour l'évaluation des infrastructures et des ressources humaines ? Comment et pourquoi ? Où en est la bonne gouvernance qui exige notamment, une formation adéquate en management, de nos responsables, en dehors de leurs compétences scientifiques respectives ? Comment cela ? Et qu'est-il advenu des recommandations du séminaire international de mai 2007 ? Comment ça ? D'autre part, peut-on parler de qualité à l'université si nous n'appliquons pas une démarche similaire au niveau des paliers de l'éducation nationale ? Et pourquoi pas ?

En somme, qui, quoi, où quand, comment, combien, pourquoi ? C'est-à-dire autant de questions, qui devraient avoir, chacune une réponse. Soulignons que les qualiticiens n'ignorent pas que les diverses techniques utilisées pour toute évaluation, donc pour toute projection, sont des outils d'aide à la décision. La rhétorique a dès lors, très peu de place, face aux graphes, distributions, diagrammes, gaussiennes, et autres entités mathématiques tant éloquentes. D'autre part, les coûts liés au démarrage de la démarche qualité sont évidemment significatifs et nécessitent une ressource humaine compétente et formée pour les besoins de la démarche, bien que l'on soit unanime à affirmer, qu'évaluée à moyen terme, c'est la non-qualité qui coûte les yeux de la tête. A cet effet il n'y a qu'à voir les dégâts de notre système éducatif, en dépit d'importants moyens engagés. Pourquoi cela ? Il s'agirait aussi, de tenir le langage de la vérité. Et à propos de la communication institutionnelle d'une manière générale, de la démarche qualité à l'université en particulier, jetons un coup d'œil sur le site web du ministère(9), celui qui gère nos universités, hauts lieux du Savoir.

Dirigeons nous, vers le lien consacré à l'assurance qualité. Nous ne trouverons qu'une seule page. Squelettique, orpheline. Car, rien de plus, dans cette unique page, qu' un étalage de la définition de l'assurance qualité (fournie ci haut), tel un smoking exposé dans une vitrine, une définition que nous pouvons retrouver dans une flopée de sites consacrés à la question, suivie de deux liens se rapportant, l'un à des principes, l'autre aux attentes. Si vous cliquez sur ces derniers, vous allez alors , être téléporté vers une université du pays qui vous apprendra qu' elle a tenu un séminaire sur l'assurance qualité , rehaussé par la présence de l' ancien ministre , avec des photos comme preuves à l' appui du déroulement de l' évènement ; une quantité impressionnante de photos , et peu de documents instructifs. Allez y comprendre quelque chose. Mais il n'y a pas photo !

Bref, pour revenir à nos questions, les partenaires sont-ils «mis au parfum»? Si c'est top secret, il faut le dire, la famille universitaire comprendra. Autrement, elle ne pourra pas deviner. Quant au «coup d'envoi de l'opération d'évaluation nationale des établissements universitaires » selon les termes utilisés par les responsables de la tutelle, début octobre 2010, donc trois années ficelées , le coup d'envoi est apparemment parti, mais, depuis cette date, l'envoi est suspendu, car nous n'avons encore rien vu, rien entendu . Nous avions seulement lu, comme tout le monde, en 2010, que la rentrée universitaire 2010, aura un slogan.

Au final, l'adhésion et la mobilisation de la communauté universitaire, avec ses différents acteurs, n'est concevable, que lorsque tout projet est largement communiqué, puis défendu par une argumentation concise, comme un plus un font deux, pour rassurer les universitaires. L'écrasante majorité de la famille universitaire déçue (faisons un sondage , externe celui-là, sinon pourquoi? ) notamment, par les évidents effets d'annonce qui ne durent que le temps de l'annonce, veut bien croire, que l'on ne nous refile pas de la littérature, faite de slogans creux, de mots pompeux, de discours verbeux.

(1- Ali Derbala. «Le LMD : un nivellement vers le bas dans le contexte algérien » El Watan 18 septembre 2013

(2- Colloque international : Le système LMD entre implémentation et projection. Alger, mai 2007.

(3- Cruchant, L .La qualité Paris, PUF 1998.

(4- Site web ISO

(5- S Shiba, A Graham et D Walden In édition Dunod 1997 : 4 révolutions du management par la qualité totale.

(6- http://www.aeqes.be/documents/guidelines_F.indd.pdf

(7) http://media.education.gouv.fr/file/94/9/5949.pdf

(8- André, G Laurent. La méthode statistique Paris PUF 1968

(9- Le site mesrs.dz a été consulté durant les mois d'aout et de septembre écoulés. Rien de changé, le webmaster semble être encore en congé.